Secret de longévité
Françoise Bouchet
Lauréate du concours de nouvelles Ancres Noires 2008 - Lauréate du concours Bonnes Nouvelles/Une Nouvelle Par Jour (2008) : 2ème Prix
28 janvier 2008, ce matin, Madame est
morte…136 ans à quelques mois près, bel âge non ? … Madame Maria est morte dans
son sommeil, comme ça, pendant la nuit, de la plus belle des morts…celle qui
vous emporte sans le dire… sans même vous réveiller … avec la plus respectueuse
des discrétions .Madame est morte… confortablement riche, grâce entre autre, à
son secret de longévité.
C’est Louise, sa dame de compagnie, moins de la moitié de l’âge de madame Maria,
63 ans tout juste, qui a trouvé Madame au petit matin. Elle est venue comme
d’habitude, voir si tout allait bien. Dehors, la neige a tout recouvert. Dedans,
Madame repose paisiblement dans la chaleur de sa villa normande. Elle semble à
peine plus âgée que moi, se dit Louise en regardant Madame. Mêmes cheveux
blancs, juste quelques rides de plus… Louise espérait bien vivre aussi âgée que
Madame surtout si, comme le prétendait Madame, l’eau de la source du jardin
était le véritable secret d’une telle longévité. Louise ne buvait plus que cette
eau depuis 20 ans… Vivre aussi longtemps que Madame ! Avec la même forme, …
Imaginez, Madame ne consultait jamais un médecin… Pas besoin, toujours bon pied,
bon œil, bonne mémoire et beaucoup de bon sens. Ah! Avoir la même jeunesse que
Madame aussi longtemps qu’elle…Vivre encore le double d’années…Mais Madame avait
elle vraiment tout dit de son secret ? Louise avait toujours eu un léger doute.
Madame était rusée.
Louise eut un moment d’affolement en découvrant Madame ainsi, ne respirant plus,
dormant paisiblement pour l’éternité… Voyons, à l’âge de Madame, Louise aurait
dû s’attendre un peu au départ de Madame pour l’autre monde, mais Louise
espérait, puis elle s’était habituée… Le temps passait …Madame semblait
immortelle. De toute façon, la mort vous prend toujours au dépourvu quel que
soit l’âge du défunt. Louise réfléchit. Ca, elle n’avait pas le cerveau de
Madame .Du plus loin qu’elle se souvienne, Louise ne connaît pas de famille à
Madame…Madame ne s’est jamais mariée, elle n’a jamais eu d’enfants – Tiens,
comme moi -songea Louise – Si quelques cousins avaient existé, eux devaient être
morts depuis bien longtemps et les enfants de ces cousins (s’ils en avaient eu)
ne devaient même pas soupçonner l’existence d’une si vieille cousine. Louise
regarda Madame… D’habitude madame savait la conseiller dans les situations
délicates, elle savait répondre à ses interrogations avec une pertinence
touchant la perfection… Elle avait toujours l’idée qui convenait. Louise n’avait
qu’à suivre .Mais là, maintenant, qui devait-elle prévenir ? Madame Maria, si
gentille et si patiente envers elle, ne lui répondrait plus… Louise laissa les
sanglots la submerger, libérant une part de son chagrin et de son désarroi. De
toute façon, Madame méritait bien ces larmes, même à son âge. Elle avait été une
merveilleuse maîtresse. Louise avait été une dame de compagnie comblée. Pas
comme avant…
Avant Madame, Louise travaillait au château dans son Bordelais natal. C’est sans
regret qu’elle avait quitté la froide demeure et le service d’un couple de
châtelains avares et si peu compatissants envers leurs semblables. Elle avait
quitté sa région pour l’élégante villa normande de Madame Maria. Ici, la mer
était plus verte, le temps peut être plus froid et plus humide, mais la place
bien meilleure. Louise chercha plus loin dans ses souvenirs. Quand était- ce
donc ? Depuis quand était elle au service de Madame Maria ? En 1968, c’était en
1968… Ca faisait 40 ans, mais c’était l’été, oui, c’est çà en juillet ou en août
1968. Elle avait l’habitude de feuilleter « le figaro », le journal de Monsieur.
Monsieur lui donnait le numéro précédent pour effectuer diverses taches
ménagères : allumer les poêles et les cheminées de la maison, éplucher les
légumes, envelopper les œufs …. Alors Louise le lisait en cachette. Elle avait
lu et relu cette petite annonce : « Dame âgée, mais encore alerte, recherche
dame de compagnie, libre de toute attache, acceptant de s’installer chez elle –
chambre indépendante- s’adresser à Madame Maria Duclos », suivait l’adresse
d’une petite station balnéaire normande. C’était tout au nord, loin d’ici ! Mais
pourquoi pas ? s’était dit Louise. Elle réunit ses économies, ne prévint que sa
patronne. De toute façon, venant de l’assistance publique, qui aurait- elle pu
prévenir ? Elle n’eut jamais à le regretter. A 23 ans, sa vie devint alors
meilleure qu’elle n’avait jamais été. Madame avait beau avoir déjà 96ans, on lui
en aurait donné … allez …60, 70 tout au plus et puis même si ça ne durait pas,
quelques années de bonheur, c’était toujours bon à prendre. Madame ne sortait
pas beaucoup. En réalité, elle n’aimait pas sortir. Elle n’aimait pas non plus
recevoir. Elle prétendait que les vieilles personnes de son âge étaient
imbuvables et inintéressantes. Elle aimait la vie tranquille. Elle avait juste
besoin de quelqu’un de jeune comme Louise pour faire ses courses, un peu de
ménage, de cuisine et surtout lui tenir compagnie. Madame avait tout de suite
adopté Louise et Louise adopté Madame. Elle vivait choyée par Madame. Madame
était un peu la mère qu’elle n’avait jamais eue.
En fait, en entrant au service de Madame, Louise avait remplacé une certaine
Liliane Pasdeloup . Madame expliqua à Louise que Liliane se plaisait beaucoup
ici, mais qu’elle avait dû la quitter afin de soigner une vieille tante en
Lorraine. « Ah! la famille » avait alors soupiré Madame, « mieux vaut ne pas en
avoir, c’est plus simple – car c’est bien votre cas, Louise , comme ça vous ne
me quitterez pas? » Louise acquiesça et Madame devint la famille de Louise,
cependant que Louise devenait la famille de Madame.
Un jour, une dizaine d’années après que Louise fut entrée au service de Madame,
un journaliste de l’hebdomadaire local « Le Petit Normand », qui s’ennuyait
faute de faits divers à se mettre sous la dent, s’intéressa à l’âge de Madame.
Il interrogea Louise qui révéla alors que Madame était plus que centenaire. Ce
fait était encore bien rare. Le journaliste en demanda, bien entendu, la
preuve. Il ne pouvait se permettre une fausse nouvelle .Louise lui montra les
papiers d’identité de Madame. Madame Duclos était née le 20 avril1872. La
nouvelle fit le tour de la région. Madame ne se fâcha pas contre Louise de cette
indiscrétion et en femme pratique, elle vit même là le moyen d’améliorer leur
quotidien. Son secret de longévité, Madame Maria acceptait de le donner, où
plutôt de le vendre… à petites doses… C’était… révéla-t-elle, l’eau de source de
son jardin… Elle la buvait depuis sa plus tendre enfance Alors, on s’arracha
l’eau de source du jardin de Madame. Aujourd’hui, une fiole de 20 centilitres se
vend 15 euros à l’épicerie du village. Moins les frais, il restait, malgré tout
une bonne dizaine d’euros pour Madame et Louise à chaque bouteille vendue.
Madame vivait déjà assez confortablement, en fille unique, de rentes héritées
d’un père et d’une mère de la haute bourgeoisie normande. Elle ne manquait de
rien avant. Ce petit commerce de l’eau de source permettait seulement à Louise
et Madame de vivre encore mieux.
Louise regarda le corps de Madame. Décidément, Madame méritait quelques larmes.
Elle partageait tous les bénéfices ainsi engrangés avec Louise. Si ce n’était
pas franchement la fortune, c’était le confort. Madame ne souhaitait pas
vraiment que la notoriété de son secret dépasse les limites de la région. Sa
tranquillité et celle de Louise en auraient probablement été bouleversées. Non,
elles aimaient leurs petites vies tranquilles et se contentaient tout à fait du
commerce local.
Mais était ce bien là le véritable secret de l’étonnante longévité de Madame ?
Louise savait Madame suffisamment rusée pour n’avoir pas forcément tout
dit…Louise songea alors au petit bureau au bas de l’escalier. Voici bien le seul
endroit que Louise ne connaissait pas dans la villa. Quarante ans au service de
Madame et pas une fois Louise ne fut autorisée à y entrer. Un jour, arrivant
trop tôt des courses, elle avait surpris madame qui en sortait. Elle avait eu
juste le temps d’apercevoir un magnifique petit secrétaire acajou qui ferait le
bonheur de plus d’un brocanteur de la région. Mais c’était tout, Madame avait
prestement refermé la porte, éteint la lumière et Louise était bien trop
révérencieuse pour poser des questions. Louise avait une fois tenté un regard
par le trou de la serrure, mais il n’y avait que du noir. Normal, la pièce ne
pouvait déboucher sur aucune fenêtre. Elle était probablement construite sous le
sol de la terrasse. Louise avait alors imaginé que, derrière cette porte, se
cachait une sorte de cabinet de toilette, un lieu rempli de pots et de crèmes
divers, un peu l’antre d’une sorcière, mais d’une bonne sorcière. Elle pensait
qu’une partie du secret était ici, à l’abri des oreilles et des regards
indiscrets.
Dans le silence de la villa, Louise descendit l’escalier, la porte était fermée
à clef comme d’habitude. Par le trou de la serrure, on regard ne rencontra
toujours que le noir. Elle chercha respectueusement, mais scrupuleusement, dans
la chambre de Madame ; elle ouvrit toutes les caches possibles, tâtonna sous les
meubles, tenta le tiroir secret de l’armoire normande, mais ne vit aucune clef.
Elle était peut être dans une autre pièce. Louise ne se sentait ni le courage,
ni le droit de fouiller toute la maison. Si madame avait voulu qu’elle sache
quoique ce soit, elle l’aurait fait savoir d’une façon ou d’une autre. Tant pis,
Madame partirait avec son secret…
Bon, raisonna calmement Louise, il faut que je prévienne un médecin. Lui saura
quoi faire, il m’indiquera les démarches, les papiers… tout ça quoi…. Louise
compulsa les pages jaunes de l’annuaire, y trouva le nom d’un médecin du
quartier, souleva le combiné téléphonique de la chambre et commençait à composer
le numéro quand elle s’avisa que Madame était en chemise de nuit. Décidément, où
avait- elle la tête ? Madame, si coquette, n’aurait jamais accepté de recevoir,
même un médecin, vêtue d’une simple chemise de nuit. Louise allait habiller
Madame avant d’appeler le médecin. Au fond, Madame n’était plus à une heure
près. Louise choisit dans l’armoire une des plus belles robes de Madame. C’est
drôle, toutes les deux avaient la même taille et le même poids à deux kilos
près. Elles s’étaient souvent amusées à échanger leur robe. En fait, Louise
avait découvert les plaisirs de la mode et des beaux vêtements auprès de Madame.
Avant Madame, elle n’avait porté que des jupes noires de paysannes. Deux fois
par an, Madame commandait un taxi et Louise et elle faisaient les belles
boutiques de Paris, revenant les bras chargés de paquets. Elles échangeaient
alors certains vêtements comme deux amies. Madame avait beaucoup de goût. Même
une fois ou deux, Louise avait joué le rôle de Madame auprès de visiteurs
importuns... en quête du secret de sa longévité. Leurs visites dans la capitale
les emmenaient également chez les coiffeurs et les esthéticiennes, mais aussi
les expositions et les musées. Une vie de rêve pour la petite domestique.
« J’espère qu’à son âge, j’aurais encore sa jeunesse ». Mais comment a-t’elle
fait pour vivre si âgée ?
Louise ôta la chemise de nuit de Madame, découvrant à son cou, deux clefs. Voici
donc ce qu’elle cherchait. Louise hésita, en avait –elle le droit ? La curiosité
fut plus forte, puis si elles étaient là, c’est que Madame l’avait voulu… non ?
Elle prit les deux clefs. Elle habilla joliment Madame de sa belle robe comme
Madame aurait aimé. Elle arrangea le lit, croisa les mains de Madame sur le
drap, puis le cœur battant descendit l’escalier. Devant la porte, elle retint un
instant sa respiration, écouta … Pas de bruits. Qu’allait-elle trouver ? Louise
ouvrit fébrilement la porte du petit bureau. Elle tâtonna à la recherche d’un
interrupteur. Sa main rencontra une ficelle. Elle tira dessus, la lumière emplit
doucement la petite pièce. Les yeux de Louise parcourent l’espace. Les murs
était badigeonnés à la chaux, comme autrefois, défraîchis. L’odeur était douce,
comme légèrement parfumée. Apparemment, il n’y avait dans la pièce que l’ancien
secrétaire acajou et sa chaise assortie. Sur le secrétaire, elle vit une
bouteille d’encre, comme celle qu’elle avait eu pendant les quelques années où
elle avait pu aller à l’école. Elle avait sûrement appris plus de choses auprès
de Madame que près du vieux poêle de la classe… Plusieurs plumes pour écrire et
des cahiers, une pile de cahiers... Ainsi donc Madame venait ici pour écrire.
Peut être avait elle livré au fil des mots son secret de longévité … En tous
cas, il n’y avait là rien de ce que Louise avait pu imaginer .Louise s’assit,
ses mains caressèrent les vieux cahiers. Certains paraissaient beaucoup plus
anciens que d’autres. Louise choisit le plus ancien comme en attestait l’année
indiquée sur la couverture –1892- . L’écriture y était violette et régulière,
l’encre un peu pâle, passée par le temps. Le journal commençait le 23 avril
1892, Madame avait 20 ans ce jour- là. Madame y raconte ses 20 ans et le bel
officier. Une photo noire et blanc montrait une très jeune et jolie femme près
d’un homme en uniforme… Louise y rechercha les traits de Madame, elle était si
jeune en ce temps-là … Madame décrit plus loin l’exposition universelle de Paris
et la tour Eiffel … Son émerveillement de la capitale, Madame y raconte les
grands et les petits évènements de l’Histoire et de son histoire, le scandale de
Panama et le départ du bel officier pour Madagascar, une île à conquérir…, le
premier cinématographe… puis la mort du bel officier là bas, si loin d’elle,
d’une maladie inconnue de la France. Le vieux courrier échangé entre elle et
l’officier est sagement rangé… de vraies pièces de musée … Madame raconte
certains évènements dont Louise n’avait jamais entendu parlé tellement ce temps
est lointain, des présidents dont elle n’a connu que la sonorité du nom. Puis
Madame a trente ans, elle vit seule avec sa mère dans la villa, son père est
mort de la tuberculose. Elle se passionne pour l’affaire Dreyfus… découpe et
colle les articles de journaux de l’époque .Madame s’intéresse à tout… à la
mode, aux sciences, à Paris, à la politique, aux avions qui volent à peine.
Louise ouvre un nouveau cahier … Elle dévore, elle imagine, elle vit par
procuration la vie confortable de Madame. Comme Madame raconte bien. Madame a
quarante ans, quarante-cinq quand la guerre éclate…Jaurès est assassiné … Madame
suit l’actualité de sa villa …Elle prend soin de sa mère âgée… 1925, la mère de
Madame meurt.
Madame confie son chagrin au cahier, puis quelques années plus tard sa décision
d’embaucher une dame pour lui tenir compagnie. Elle parle des pauvres filles ne
faisant pas l’affaire. Puis enfin, elle parle de Liliane Pasdeloup, de
l’intelligence et de la bonté qu’elle a senties chez cette jeune femme de 26 ans.
Madame raconte comment elles se sont adoptées l’une et l’autre, respectées
malgré leurs différences sociales. Louise en ressent même un léger pincement de
jalousie. Louise se laissa bercer plusieurs heures par la vie, les récits et
les pensées de Madame. Elle tremble avec Madame pendant la seconde guerre, puis
voit le débarquement sur les côtes proches. Madame a alors déjà 72 ans. Louise
naissait tout juste. Elle ferme les yeux, imaginant Madame et toute sa vie…
Louise avait oublié le temps présent pour se plonger dans le passé de Madame. Il
n’y avait rien dans ces cahiers qui révélait le secret de longévité de Madame.
Elle s’étira, se demanda l’heure qu’il pouvait être. Elle allait faire une pause
avant de continuer les derniers cahiers. Elle monta à la chambre de Madame.
Madame reposait toujours dans la même paix. Louise aurait même juré qu’un léger
sourire était apparu sur son visage. Par la fenêtre, la neige tombait en
dansant. La vieille pendule sonna 17 heures. Louise croqua une pomme, but un
verre d’eau et redescendit dans le petit bureau. Elle avait hâte de continuer.
Madame devait sans doute parler d’elle dans quelques cahiers ….
Elle ouvrit le cahier suivant, 1968, tiens, l’année où elle est entrée au
service de Madame. Elle remarqua que l’écriture n’était plus tout à fait la
même. Madame avait sans doute vieilli ou changé de plume.
10 juillet 1968
« Aujourd’hui, Madame Maria est morte…de sa belle mort… Je l’ai trouvée, dormant
pour l’éternité dans son lit…Je dois tout à Madame… Mais si on enterre
Madame…Que vais-je devenir ? …Moi Liliane P., cela fait presque 30 ans que je
suis au service de Madame. Aujourd’hui, j’ai 56 ans… »
Louise continua tard dans la nuit, découvrant ce qui jusque là lui avait
échappé. Dans le cahier, se trouvait une carte d’identité au nom de Liliane
Pasdeloup, née le 3 octobre 1912. Ainsi donc Madame Maria … enfin Madame Liliane
avait tout de même le respectable âge de 96 ans. Elle ne les faisait toujours
pas. Relevant la tête, Louise aperçut un léger recoin…qui avait la première fois
échappé à son regard. Approchant, elle vit que le recoin dissimulait une petite
porte : la deuxième clef, bien sûr… La porte s’ouvrit sans difficulté sur une
minuscule crypte. Un corps embaumé reposait au milieu du silence et des odeurs
de bougies… Le corps de la vraie Madame Maria Duclos.
Après un instant de recueillement, Louise revint au secrétaire et commença à
écrire, en s’appliquant, l’annonce suivante : « Dame très âgée, mais encore
alerte, recherche dame de compagnie, libre de toute attache, acceptant de
s’installer chez elle – chambre indépendante- s’adresser à Madame Maria Duclos
», suivait l’adresse de la petite station balnéaire normande. Elle la glissa
dans une enveloppe, écrivit l’adresse du journal « l’express », timbra. Puis,
Louise ferma soigneusement la porte du bureau, attacha les clefs autour de son
cou, posa la lettre près de la porte d’entrée, là où le facteur la prendrait.
Elle se dirigea vers la bibliothèque de Madame, y saisit un livre qu’elle avait
toujours connu là « Le secret des embaumements ». Elle se dirigea vers la
chambre de la défunte, alluma la petite lampe de chevet. Elle commença à
parcourir l’ouvrage tout en veillant le corps de Madame. Dehors, il faisait
nuit.
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