Le grain de sable 

Antoine Kevisa

                                                  

 

  "Va où tu veux, meurs où tu dois."

 

Au terme de sa visite officielle en France, Son Excellence le Général Mangalé  Hnalaïne N'BO,  le vice-premier ministre du Ghandalé, était en "soirée privée" dans une boite africaine de Saint-Germain, le Boué-Moué. Il n'y avait théoriquement que deux gardes du corps avec lui, plus un troisième qui attendait avec  le chauffeur dans la Mercedes blindée garée devant le club. Jean-Marc Laads dut bien reconnaître que pour une organisation anti-gouvernementale de troisième ordre, le coup était parfaitement préparé. Il n' y eut pas de changement d'itinéraire de dernière minute. N'BO était bien dans ce boui-boui de luxe, à "claquer" en quelques heures l'équivalent d'une année de salaire de plusieurs de ses camarades restés au pays et laissés à leurs rêves révolutionnaires pas encore tout à fait émoussés.

Jean-Marc faisait le guet au premier étage d'un immeuble situé en face du Boué-Moué. Comme pour s'assurer par réflexe de sa présence, il posait de temps à autre la main sur le lance-roquettes antiblindé wasp, appuyé contre le mur, juste devant lui. Le verre de la fenêtre avait été prédécoupé. Une poignée de vitrier était fixée en son milieu, prête à dégager en une seconde l'espace nécessaire à la visée. N'BO était arrivé vers 23h30. Jean-Marc l'avait précédé d'1h30. Il était maintenant 2h45 et l'attente se prolongeait. Chaque fois que la porte du club s'ouvrait, laissant échapper un petit groupe de clients, Jean-Marc saisissait le wasp. A 3h30, Jean-Marc fut de nouveau alerté par une sortie. Cette fois il reconnut la haute stature des deux gardes du corps qui avaient escorté N'BO dans la boîte. Puis N'BO lui-même qui titubait, accroché à deux filles, une blonde et une asiatique qui, vu leur air enthousiaste, avaient dû déjà négocier les conditions de leur escapade exotique et tarifée... Dommage qu'elles n'en aient pas connu le prix complet, songea Jean-Marc presque compatissant.

Tout le groupe était maintenant devant la voiture d'où étaient sortis le chauffeur et le troisième garde du corps. N'BO gesticulait et vociférait, insultant de toute évidence le chauffeur et ses gardes du corps qui avaient dû lui faire remarquer qu'il était imprudent d'embarquer les deux filles. Voulant éviter toute précipitation, Jean-Marc avait laissé la poignée de vitrier en place, mais restait vigilant, prêt à agir. Après plusieurs minutes de palabres et de vociférations, N'BO plaça les deux gardes du corps à côté du conducteur, le troisième se tassant à l'arrière en sa compagnie et celle des filles qui seraient sans doute les dernières à se plaindre d'une quelconque promiscuité ! Avant même que la dernière portière se soit refermée, Jean-Marc avait retiré la lentille de verre de la fenêtre et épaulé le wasp.  Il cala la visée à mi-hauteur du véhicule, au niveau de la banquette arrière. Le départ de la roquette le fit reculer d'un pas. Il dut revenir à la fenêtre pour voir le lourd véhicule en flammes retomber de biais et s’immobiliser sur le flanc,  obstruant l'entrée du Boué-Moué.

Abandonnant l’arme sur place, Jean-Marc sortit par l'arrière de l'immeuble et n'eut qu'à enfourcher un bootser qui l'attendait dans la cour. Moins d’une minute plus tard, il n’entendait déjà plus les cris et les appels au secours qui émanaient  des abords du Boué-Moué. Il n'alla pas très loin, puisqu'il s'arrêta rue  du Cherche-Midi,  ouvrit une porte-cochère grâce au code qui lui avait été fourni la veille et se dirigea vers un des appartements du rez-de-chaussée où il trouva refuge, y dissimulant également son deux-roues.   

Aux premières informations télévisées matinales, Jean-Marc eut confirmation que l'attentat avait tué la totalité des occupants de la voiture, mais également le portier de l'établissement et trois clients qui s'apprêtaient à quitter les lieux. Cinq autres noctambules avaient été brûlés, dont deux se trouvaient toujours dans un état critique.

Loin d'éprouver des remords à l'annonce de ces dégâts annexes, Jean-Marc accueillit ces nouvelles avec la satisfaction du devoir accompli : Ses commanditaires tenaient à ce que l'assassinat de N'BO  s'effectue dans des conditions particulièrement spectaculaires et provoque une réaction diplomatique vigoureuse des autorités françaises. Les arrière-pensées, les motivations et la stratégie des ennemis de N'BO n'intéressaient nullement Laads. Tout ce qui comptait, c'était la parfaite maîtrise dont il avait fait preuve et qui allait faire encore monter sa côte sur le marché souterrain mais si lucratif des assassins appointés.

 

Sur un vol d'Air France  Paris - New York, Laads faisait le point sur son passé et imaginait, avec rigueur et réalisme, ce que serait son proche avenir.

La mission qu'il devait effectuer aux Etats-Unis serait la dernière de sa carrière. Son "client", président-directeur-général d'une  compagnie multinationale pétro-chimique, avait des ambitions politiques qui, manifestement, n'avaient pas l'heur de plaire à ceux qui avaient décidé son élimination. Sa disparition serait-elle un bien ou un mal ? Etait-elle justifiée ? Laads ne se posait jamais ces questions. Toute réponse aurait d'ailleurs été forcément subjective. Pour lui, ce n'était qu'une affaire à traiter, avec professionnalisme.

A quarante ans, tueur à gages depuis douze années, Laads était responsable de l’élimination de dix-sept cibles pour le compte de gouvernements ou de mouvements divers, ce qui, en intégrant les "dommages collatéraux ", portait à une trentaine le nombre de ses victimes. Ses moyens d’action étaient les explosifs ou les armes à moyenne et longues portées. Bien qu'ancien militaire,  Laads ne se considérait pas comme un combattant, mais tel un  "simple exécuteur" qui évitait toujours l’éventualité d’une confrontation directe avec ses cibles.  Que se serait-il passé si une de ses victimes avait pu le fixer dans les yeux au moment de perdre la vie?  Laads aurait-il pu sans état d'âme appuyer sur la détente d'un pistolet ou plonger une lame dans le corps de sa victime? La proximité de sa victime aurait-elle chargé plus lourdement sa conscience qui ne l'avait jamais torturé, malgré tout le sang versé?  Même si cette idée l'avait parfois effleuré, Laads l'avait rapidement chassée de son esprit. Il raisonnait de manière binaire et égocentrique: Le contrat était-il réalisable ou non ? Présentait-il un danger pour lui ou pas ? Ceux qui le recrutaient étaient-ils sérieux et garants de son anonymat ou des amateurs qu'il devait repousser ? Le choix à faire présentait-il plus d'avantages pour lui que d'inconvénients ? Toutes ses décisions étaient exclusivement motivées par la seule satisfaction d'un mieux-être matériel et l'indispensable préservation de sa sécurité. Alors,  quant à d'hypothétiques remords… Laads jeta un regard semi-circulaire sur les passagers voisins : ce gros homme au visage couperosé qui transpirait d'abondance en annotant fébrilement les feuillets d'un volumineux dossier paraissait en proie à une panique intérieure.  Peut-être que, suite à la lecture par d'autres de ce rapport, des têtes  tomberaient, celles de combien d'innocents ? Celle de l'auteur peut-être si le rapport n'était pas à la hauteur ? Cette femme qui commandait à l'hôtesse whisky sur whisky et qui semblait si nerveuse en retirant subrepticement l'anneau de sa main gauche, signe d'une rupture annoncée ou déjà consommée qui allait briser la vie d'un mari, d'une famille entière?  Et cet homme au visage de fouine et à l'air sournois qui semblait perdu dans ses rêveries, un sourire extatique mais cruel aux lèvres, mettrait-il sa riche tante grabataire dans un hospice pour mieux la dépouiller ? En prêtant ces scénarios ;   non, Laads ne se considérait pas comme un monstre, ni plus ni moins qu'un autre…

D'ailleurs, dans quelques semaines, il tournerait définitivement le dos à sa double vie pour mener une existence paisible dans le Sud de la France, à Saint-Maxime. Il  y achèterait une somptueuse villa et vendrait la brasserie qui lui servait de couverture à Paris pour prendre sa retraite, de toutes ses activités, officielle et clandestine, en pleine force de l'âge. Il ne restait plus que cette mission new yorkaise à exécuter pour pouvoir enfin profiter de la fortune qui l'attendait sur les comptes bancaires anonymes de plusieurs paradis fiscaux.

 

Laads  n'avait pas de bagages enregistrés, seulement un sac de voyage qu'il avait gardé avec lui, contenant quelques effets de rechange, le strict minimum. A 21h10, un quart d'heure seulement après l'atterrissage, il avait pu quitter le terminal 1 de l'aéroport J.F Kennedy en taxi, direction Manhattan.  Un peu plus tard encore, Laads, douché et rasé de frais, était assis dans le confortable canapé d'une suite du Marriott Financial Center situé  sur  West Street. En face de lui, un téléviseur fonctionnait, le son coupé. Les gesticulations et les vociférations muettes d'un chanteur de rock avaient quelque chose de grotesque. Mais, en réalité, Laads fixait l'écran sans vraiment le voir, accordant plus d'attention à sa montre qu'il consultait fréquemment. Ce n'était pas un signe de nervosité qui aurait pu démentir son attitude impassible, mais le souci du timing dont dépendait le bon déroulement de sa mission.

A 0h30, il sortit et s'arrêta à la réception pour y déposer la clé magnétique de sa chambre. L'employé de service, avec une discrétion toute professionnelle, sut réprimer un sourire de connivence envers ce touriste célibataire qui, à peine arrivé, partait s'encanailler dans la nuit new yorkaise.

Laads sortit de l'hôtel et commença à remonter nonchalamment  West Street vers le nord.  Il n'avait pas parcouru plus de cent mètres qu'un individu vêtu d'une combinaison d'ouvrier l'aborda, une cigarette à la main :

-Excusez-moi Monsieur, auriez-vous du feu ?

-Non désolé,  j'ai arrêté de fumer aujourd'hui.

-Ce n'est pas grave. De toutes façons, j'ai décidé d'arrêter moi aussi dit-il en remettant la cigarette dans son paquet. Je m'appelle Pablo. Je suis du Costa Rica. Est-ce que vous connaissez le Costa Rica?

-Non, mais je compte le visiter bientôt avec ma femme.

Ce dialogue surréaliste s'était déroulé en espagnol, sur un ton monocorde de part et d'autre. C'était un code de reconnaissance assez ridicule mais écartant tout risque de méprise. Pablo était bien le contact de Laads. Le prétendu costaricain fit demi-tour  et Laads lui emboîta le pas, cette fois-ci à plus vive allure. Près de Liberty street,  Pablo fit signe à Laads de monter à l'arrière d'une fourgonnette Chrysler aux vitres teintées qui était stationnée, sans occupants. A l'intérieur,  Laads y trouva les mêmes vêtements que portait Pablo. Dès qu'il eut revêtu les combinaison et casquette oranges et remplacé ses chaussures de ville par des baskets, il examina le contenu du sac que lui avait tendu  son compagnon : un badge d'identification d'une société de nettoyage au nom de José Echandi, des gants hygiéniques qui éviteraient les empreintes digitales, une plaque de pâte blanche de cinq centimètres par dix centimètres environ et de quatre centimètres d'épaisseur et pesant à peine trois cents grammes qui était du C4, un explosif plus puissant que le T.N.T, un détonateur contenu dans un petit boîtier avec un écran à cristaux liquides, sensiblement du même poids d'où  sortaient deux courtes électrodes rigides et griffues et enfin une télécommande ultra légère qui, elle, ne devait pas excéder cinquante grammes. Laads enfila les gants, épingla le badge sur sa poitrine et répartit le reste des objets dans chacune des poches de son vêtement de travail. Puis, ils sortirent du véhicule et poursuivirent leur marche vers le nord, sans mot dire jusqu'à destination.

Parvenus dans le hall de l'immeuble, ils prirent l'une des files composées de dizaines d'hommes portant le même uniforme qu'eux, des noirs et des latinos pour la plupart,  qui présentaient leur badge aux agents de sécurité, avant de s'engouffrer par vagues successives dans les ascenseurs qui les distribueraient  aux différents étages. Laads, collant Pablo, passa le contrôle sans encombre. Ils ne furent pas les derniers à être régurgités par le rapide ascenseur qui s'arrêtait à tous les étages, mais plus des deux tiers étaient déjà sortis aux niveaux inférieurs lorsqu'ils parvinrent sur leur lieu de travail, à 1h du matin.

De longues heures pénibles s'annonçaient, car Laads devrait, comme Pablo, effectuer réellement le travail qu'il était censé assurer dans les bureaux et les couloirs, manier la cireuse de sol, nettoyer les portes vitrées, vider les corbeilles et autres menues corvées pour ne pas éveiller les soupçons des rondiers en se tournant les pouces, ni alerter les gardiens à l'accueil en repartant bien avant les autres agents de nettoyage.  Vers 2h, un vigile qui faisait sa tournée d'inspection s'adressa à lui :

-Salut ! Tu es nouveau toi ? C'est la première fois que je te vois ici.

Peu enclin à engager la discussion, Laads  répondit en espagnol :

-No señor, soy temporal.

Le gros vigile roux et ventripotent, vraisemblablement un américain irlandais, secoua la tête en signe de désapprobation et grommela quelque chose où il était question de "métèques qui n'étaient même pas foutus d'apprendre à  parler note langue mais qui se débrouillaient pour piquer le boulot des bons américains"… Lors de ses rondes suivantes, il n'adressa plus un seul regard à Laads.

A 8h10 Laads approchait du but. Pablo et lui étaient dans la zone des bureaux de direction de la société appartenant à sa cible. Le bureau visé serait le dernier dont ils s'occuperaient. Laads fit signe à Pablo de ralentir le rythme pour respecter le minutage de l'opération. Le C4 devait être mis en place au dernier moment pour minimiser les risques qu'il soit repéré. Ce risque était quasiment nul, puisqu'il aurait fallu qu'un employé se mette à quatre pattes sous le bureau de la cible, mais Laads, comme à son habitude, préférait un luxe de précautions à la persistance, même infime, d'une possibilité de complications. Les premiers employés zélés commençaient à arriver.  Selon les informations fournies, la cible elle-même s'asseyait chaque jour, rituellement, à son bureau à 9h précises, en respectant les mêmes horaires que son personnel, sans doute pour donner l'exemple. A 8h30, Laads désigna discrètement le bureau du boss. Dès qu'ils pénétrèrent dans cette pièce d'au moins cent cinquante mètres carrés, Pablo se mit à son ouvrage habituel, accélérant le mouvement puisqu'il devait prendre en charge la part de son coéquipier, en l'occurrence Laads occupé par une autre tâche. Le plus naturellement, Laads s'accroupit derrière l'immense bureau directorial et plaqua la charge de C4 sous son  tablier d'acajou en l'étalant aux coins pour la faire adhérer, puis planta les électrodes du détonateur dans la pâte malléable et enclencha  l'interrupteur.

Il ne lui restait plus qu'à ressortir de l'immeuble, et monter sur le toit terrasse de l'immeuble voisin qui accueillait, dès 9h, les visites payantes des touristes souhaitant admirer New York d'en haut et de diriger la télécommande sur les fenêtres vitrées de ce bureau qui lui ferait face. Le C4 était suffisant pour coller sa cible au plafond en une gerbe sanglante. Il suffirait de s'assurer qu'elle serait à son bureau en l'appelant sur sa ligne privée en prétextant un appel du Sénat que le milliardaire ambitieux projetait d'intégrer. Tout était prévu dans les moindres détails : l'appel serait censé provenir du secrétariat du sénateur républicain Samuel Whiteford, un  des chevaux de Troie en politique de la cible. Jusqu'ici, tout fonctionnait à merveille. Laads se releva, regarda une nouvelle fois sa montre - 8h48- et, d'un mouvement de tête, donna à Pablo l'ordre du départ. Celui-ci ne se fit pas prier et précéda Laads vers la sortie. A l'instant précis où ils atteignaient le seuil de la pièce, Laads eut une sensation de vertige. Lorsqu'il vit Pablo manquer de perdre l'équilibre juste devant lui, il réalisa que c'était tout l'espace autour de lui qui vibrait, comme dans les prémisses d'un tremblement de terre. Dans le même temps, il sentit une présence derrière lui et ses sens en alerte l'avertirent d'un danger imminent.  Il se retourna et ce qu'il vit à travers la paroi vitrée du bureau lui fit craindre, une seconde, d'avoir perdu la raison. Rien, auparavant, malgré les risques encourus, n'aurait pu le préparer à la vision qui s'offrit à lui. Laads, d'habitude si apte à analyser toutes les situations, si prompt à prendre les décisions adéquates,  se retrouva ébahi et figé face au museau monstrueux d'un avion qui semblait foncer droit sur lui. Quelques minutes plus tard, ce ne fut pas l'attentat préparé par Laads qui retint l'attention du monde entier, mais un autre, phénoménal, inconcevable et dont le premier volet fut le crash volontaire d'un boeing 767 de la compagnie United Airlines détourné par des terroristes fanatiques, sur le 87ième étage de la tour nord du  World Trade Center. Le point d'impact du nez de l'avion fut exactement le bureau que s'apprêtait à quitter Laads qui fut pulvérisé alors qu'une idée incongrue lui venait à l'esprit: le choc risquait de faire exploser le C4 !

Après plusieurs mois d'enquête, le FBI et les autres services de police et de renseignements américains n'avaient pu établir de lien avéré entre le plus tragique attentat de l'histoire et la disparition subite de son hôtel d'un touriste français, un certain Patrick Gantier. De plus, l'hôtel ayant été évacué de tous ses occupants, suite au désastre des tours voisines, bien des touristes ne donnèrent plus de nouvelles, soit qu'ils se soient relogés de leur propre initiative dans d'autres établissements, soit qu'ils aient tout simplement quitté la ville, en proie à la panique comme des milliers de New Yorkais qui avaient été les témoins tristement privilégiés de cette scène de fin du monde. Tout ce que put révéler l'examen de l'identité de Patrick Gantier, fut qu'elle était fausse. La brigade de recherche des personnes disparues de la police française  ne put davantage relier aux événements du 11 septembre 2001 la mystérieuse disparition du patron d'une brasserie parisienne, à laquelle, d'ailleurs, elle ne s'intéressa guère puisque le sujet était majeur et sans famille. Après un semblant d'enquête sous l'insistance du personnel de la brasserie, le dossier fut rapidement archivé dans l'attente d'éventuels faits ou témoignages nouveaux. Pour la première et dernière fois, Jean-Marc Laads fut fiché sous deux noms différents par les polices de deux continents, non comme assassin, mais comme victime présumée.

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