Michèle Obadia-Blandin
Des couleurs sur des mots ou bien est-ce
l’inverse ?
Rouge ! Oui, c’est bien cela… L’image n’est pas si galvaudée. Ce matin, j’ai «
vu rouge », en découvrant le palmarès du énième concours de nouvelles qui
m’avait recalée aux abonnées absentes. Je m’étais pourtant évertuée à traiter le
thème délicat : « Tirez pas sur le caviste ! » en évitant d’inonder le texte de
sang ou de « gros-rouge-qui-tache ». En vain, sans doute… Sous le coup de la
colère, la décision de cesser d’écrire s’imposa immédiatement. Le seuil de
saturation était atteint et même largement dépassé. À quoi bon se décarcasser
pour de si piètres résultats ? Ma résolution semblait alors irrémédiable.
Toutefois, après une demi-heure de rage ronchonneuse, le doute commença à
s’infiltrer. Ma cervelle, ratatinée par ce trop-plein d’émotions négatives se
mit alors à osciller tel un yoyo. Devais-je rompre définitivement avec
l’écriture, cette extraordinaire compagne à la fois exaltante, exultante,
exigeante et ingrate en l’occurrence. Ou bien, était-il plus raisonnable de
relativiser et laisser la situation décanter (comme le vin de mon caviste
enterré) avant d’opter pour une solution, peut-être regrettable ? Sur la rampe
de lancement du grand huit de mes pensées, je n’imaginais pas encore les
rebondissements de la journée que j’allais vivre…
Au feu rouge, j’écoutais une vieille chanson de Diane : « Aujourd’hui j’ai
rencontré l’homme de ma vie… ». Son sourire a croisé mon regard (un peu comme un
rayon laser). Ma « rougite » a alors disparu comme par enchantement…
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