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L’amour n’est pas un subterfuge à l’innocence,
Il peut être incisif et porté à quelques violences.
Le chaos quoique attirant ne doit pas en être l’essence,
Seulement une ressource passionnelle
Si l’on en écarte la démence.
Savant dosage,
Qui permet
Le plus beau des voyages !
© Valérie Vives
L’aube opaque était vaporeuse, comme engourdie,
Elle projetait encore de vieux clichés jaunis.
Dans ma tête défilait une bande sonore,
Sans savoir si c'était l'insomnie ou l’ironie du sort.
Mon délit cette nuit fut de te vêtir d’une aura cristalline,
La parodie m’a fait tressaillir, j'en ai brisé ta figurine !
Peu à peu, la chrysalide de l’aube se livrait au petit jour
Et en papillon lucide, je retrouvais tes sombres contours.
Le cocon froissé avait abrité nos amours tumultueuses,
Les draps imprégnés me rappelaient cette réalité véreuse.
Tellement de larmes versées au bord de notre chemin,
On ne devrait réunir que ceux qui ont un ciel commun !
La clarté complice m'avait apporté de beaux souliers,
Une paire unique, patinée d'espoir et vernie de liberté !…
© Valérie Vives
A chaque injustice, c’est comme si une étoile s’éteignait,
Une cicatrice qui enferme dans les ténèbres, l’humanité.
Puissent les forces lumineuses entraîner dans leurs sillages,
Les réactions haineuses et leurs ravages !
L’homme en s’éloignant de son pacte originel
D’abord, se nourrit au sein maternel,
Puis sans en rétribuer ce qu’il doit au ciel,
Part en quête de gloire personnelle.
Hors, tout hu-main se doit de fleurir le chemin,
Mais certains avancent sans même tendre la main,
Pourtant, il émane de la solidarité un tel parfum,
Que le monde exhalerait l’arôme du jasmin !
© Valérie Vives
Oppression d’un soir
Ne veut pas dire désespoir.
Création indolore n’existe pas.
L’art doit claironner sa présence,
Fais sonner le cor
Encore et
Encore !...
Foisonnement intense,
Corrélation d’une image et d’un son,
Effervescence qui enveloppe tout le corps.
Ne pas craindre l’abandon,
On peut laisser échapper un cri
Sans souffrir.
Pas besoin d’expliquer,
Il suffit de ressentir...
Nul besoin de théorie
Pour chevaucher
Dans le fantastique,
Des images comme bagages,
Et ça devient empirique !
© Valérie Vives
Tu errais, l’esprit trouble marécage,
A travers une nuit sans paysage.
Le cœur si lourd d’avoir déjà voyagé,
Au cœur de ces constellations tant explorées.
Tu errais, l’esprit trouble marécage,
Au cœur d'une ville mangrove sans rivage.
Tu y engloutissais ton corps sans racines
Dans l'euphorie, de liqueurs assassines.
En haut, la lune se voilait d’un halo de miroirs,
Facettes de ta vie mystérieuse et illusoire.
Tu dévoilais peu à peu ton existence,
Au comptoir, des rires en avalanche.
Nu et dépouillé de certitude,
Tu t'accrochais au filament usé de ta solitude.
Tu as traversé le bar comme un somnambule
Poussant du pied, toutes les capsules !
© Valérie Vives
La mamie n’a pas quatre vingt ans,
Mais quatre fois vingt printemps.
Ses mains sont douces et moelleuses comme une peau de pêche,
Toujours tièdes et jamais rêches.
J’aime regarder ses jambes, véritables sculptures de Modigliani ;
Deux longs arcs plantés, dans deux petits carrés noirs vernis !
La mamie a le visage des âmes sereines, velouté et à peine fané,
Sa peau légèrement poudrée est rehaussée aux lèvres de deux filets minces rosés.
La folie du marché en fera deux étoiles vermeilles,
Un tour de magie de la chorale des marchands de soleil.
Mais quelle aventure pour ce petit corps frêle,
Car dans la froidure elle a bravé avec zèle,
Les puissants assauts de la tramontane
En se recroquevillant, comme un oiseau sur sa canne !…
Gênée d’être un peu décoiffée, elle sourit derrière ses grandes lunettes dorées,
Son regard inondé de pureté me fait une véritable aubade en haut de l’escalier.
Je pousse alors la porte de son église,
Pleine de dévotion, je pénètre l’antre d’une existence que le temps aiguise.
Sa maison sent si bon le passé mûri au nectar du pardon.
Mijotez courgettes, poireaux et potirons,
La sérénité vaut bien le prix de cette longue cuisson !
© Valérie Vives
Tout le jour,
La lumière crue a étendu ses ombres décharnées.
Alentour,
ce désert constellé de milliers de dunes,
Alternance d'altitude que des pieds maladroits ont foulée.
Qu’il est bon d’attendre un ciel étoilé près de la lagune,
Quand la lune enfin diffuse règne sur nos esprits embués.
Quelques secondes pour se fondre dans les couleurs prunes,
Car bientôt, il n'y aura plus que le murmure du ressac argenté.
La nuit salvatrice apaisera nos corps usés et la grande dame brune
Comme une éclipse, étendra son voile sous nos yeux émerveillés.
© Valérie Vives
Il aurait raison le bougre de toquer à ma porte,
Mon front sûrement perlerait de mille gouttes,
Mais j’ouvrirais avant, que le doute l’emporte.
Nos regards exaltés ébaucheraient quelques ellipses,
Dans ces secondes d’éternité,
Nos pupilles dilatées chercheraient un improbable iris.
Dans cette fusion frénétique l’amour tambourine,
Deux cœurs mécaniques palpitent déjà dans ma poitrine.
Mais hélas, mon âme désespérée pleure ce mensonge,
Car en rêvassant, je me suis assoupie ou presque,
J’ai ouvert les yeux, et je n’ai plus vu ce songe,
Dans la magie d'un adieu, tu avais quitté la fresque.
Cependant, l’allégorie bien souvent l’emporte,
Pour te sauver de l’oubli ou me soûler de rêverie,
Je m'en moque,
Dans un hypothétique bruit que je troque,
J’entends encore notre cœur unique qui bat,
Toc-toc !…
© Valérie Vives
Nomade de l’esprit,
Tu as couché à jamais
Tes rêves sur l’établi,
Et fermé le lourd rideau de fer gris.
Dans un ciel irisé par la tramontane,
L’azur pleure cette grise trame,
La rue où tu es né, demeure,
Ses volets résolument fermés.
Sur cette terre aride,
Entre figues écarlates
Et kakis qui éclatent,
L’amandier porte aussi des fruits amers...
Tes petits yeux noisettes sont clos mon père.
Je dilue nos souvenirs futurs ou passés
Dans la certitude de se retrouver.
En parcourant ma conscience,
Plus que jamais,
Tu es présent par ton absence.
© Valérie Vives
La feuille repose sur le sol encore humide,
Intacte après l’orage de la nuit.
Déjà le soleil incise mes pupilles,
Et mes paupières luttent contre ce nouvel ennemi.
Enveloppée dans des draps devenus trop lourds,
Je me plaisais encore à rêvasser,
Mais un bruit a déchiré la volupté
De mon matin velours,
Et voilà que ça recommençait.
« Bonjour !... »
Sensation de langue de chat au contact râpeux,
J’ouvre les yeux !
Successions d’ellipses blafardes et vaporeuses,
D’ondes vacillantes,
De spirales colorées…
Submergée par trop d’insistance, haletante,
Je referme le hublot du scaphandre
Préférant la torpeur de la pénombre bienfaisante.
© Valérie Vives
Bas de sable sur jambes de pierre
Dodelinant de la terre,
Le regard tourné, vers l’indicible désir d’exister.
Vivre de ses instincts trop souvent refoulés,
Etre enfin animal et subsister.
L’humain devrait cesser d’organiser la raison,
Accepter l’imprévu et s’ouvrir à d’autres horizons.
Accéder brut à une existence nouvelle,
Tous azimuts, cueillons la beauté universelle !
Savoir s’adapter sans régner, tel le caméléon,
Sans organiser le chaos, ce serait une prison.
Quand on en sort généralement, c'est mort,
Il serait alors trop tard pour jouir du trésor !
Communauté d’ignorants,
Consciences aveugles
Aux nuques raides,
De troupeaux qui beuglent
Et finissent dans la mare,
Au lieu de saluer le hasard !...
Heureux, les chiens qui hurlent au clair de lune,
Pendant que la libellule délicate effleure l’onde.
Elle croise les cormorans qui se posent sur l’écume,
Sans péages ni carte à puces et jouissent du monde !
© Valérie Vives
Quand le souffle incessant des vagues me berce,
Je laisse couler mes pensées vers le flux universel.
L’ordre existe, magistral et infini,
Imperceptible tout d’abord,
Retranché dans la flore
De l'insoluble ennui.
Puis un jour, il se tient planté comme un vieux chêne,
Qui déchaîne vigoureux, les racines de ma conscience.
L'impérieux espoir revient vers moi en silence,
Dans le souffle incessant des vagues, qui me berce avec constance.
© Valérie Vives
Vagabondage heureux,
Pleine de petites particules d’étoiles,
Ma tête, mon corps,
T’invitent à me rejoindre.
Glissement progressif,
Avenir heureux,
Poussière de temps
S’écoule,
Lentement.
Une sensation d’amour intense,
Voluptueuse et dense
Etrangle ma poitrine.
Attendre un baiser,
Une étreinte...
Comme c’est long d’aimer !
© Valérie Vives
Le tonnerre électrique lacérait mon corps récepteur,
Je devenais jurassique et me fragmentais à l'intérieur.
Le temps de tisser l’utopie dans les plis d’un vague souvenir,
Et mon être meurtri s’est métamorphosé en menhir.
Je pouvais désormais résister aux tempêtes,
Un fourreau de granit me protégeait des pieds à la tête.
Mon corps de mégalithe me donnait une allure sculpturale,
Alors que ma peau s'effeuillait, comme un schiste minéral.
Dans ma neutralité forcée, j’étais intemporelle,
Je ne rivalisais plus avec le temps, je lui restais fidèle.
J’avais fossilisé le désir dans la fosse aux sentiments,
Mais n’était-ce pas là, le pire des châtiments ?
© Valérie Vives
Au son des sabots usés, une grappe noire déambule.
Dans les rues épicées,
Elle frappe les pavés éculés de nos consciences somnambules.
Groupés dans l’ombre des lourds étendoirs colorés,
Les anciens aux visages tannés
Veillent au précieux cortège de femmes, à la démarche chaloupée.
Les beautés insolentes de fierté ravivent ainsi leurs flammes,
Et d’un regard de braise enflamment instantanément leurs âmes !
Ils jurent qu’aucune d’elles ne quittera le clan,
Il en est ainsi, les demoiselles épouseront des gitans.
Les quartiers délavés abritent des émotions mêlées qui bousculent,
A travers la toile d’araignée de ces rues, une souffrance broyée circule.
Dans le caniveau serpentent des seringues usagées,
De sales bateaux qui transportent leurs futurs avortés.
Alors on applaudit la pluie dans des cabanes de carton,
Sacrer ainsi la vie provoque au moins un ciel sans horizon.
Cette nuit, au cœur de l’arène s’élèvera un flamenco,
Pour crier toutes les peines qui anéantissent les toreros,
Dressant la peur d’un revers de fierté,
Un chant d’honneur pour se plaindre sans pleurer.
© Valérie Vives
D'ici, je vois des milliers de petites écailles oranges
Qui déchirent à cette heure, un ciel immensément vermillon.
Vu d'en haut, l'histoire grâce à ses franges,
Laisse entrevoir d'imposants dômes de céramique d'un bleu profond.
Les sens ne sont plus qu'une seule voix éraillée,
Un souffle tiède teinté de déserts amers, de sang et d'or.
Des soupirs s'échappent du bruissement des palmiers dattiers,
Mes oreilles tendues aux quatre vents, en frémissent encore...
Mon esprit s'est recueilli dans une méditation poétique,
Je sens la terre rouge couler à travers mon corps d'olivier sinueux.
Cultures et religions s'amalgament dans une fresque antique,
Ma salive prend le goût de la sève musquée, je ferme les yeux.
Une vigne est enlacée à la mémoire de mon berceau
ployant sous les lourdes grappes d'injustice et d'âcreté,
Privée de soleil, de liberté, de paix, nourrie de trop de sanglots.
A mes lèvres, le vin de mes ancêtres décanté dans leurs regrets.
Dans les branches des arbres, les essaims d'exilés à la race hybride
Entrevoient dans l'épais feuillage, quelques secrets qu'ils devinent.
Des identités bafouées au profit d'un monde d'inquisiteurs perfides,
Les privant à jamais de leur histoire et de leurs racines.
© Valérie Vives
Alors que le passé omniprésent
Sommeille, tel un volcan,
Le présent se laisse désirer
Et le futur lui, rêve d’exister...
Issu des profondeurs de l’écorce terrestre,
Ses ramifications atteignent notre ciel céleste,
Aux effluves sulfureux et chroniques
Rappelant les nombreuses tempêtes cycloniques.
Un Judas trahissant notre existence,
Tel un magma ardent dans nos consciences.
Pouvant jaillir parmi nos désirs en fusion,
Il menace aussi notre avenir en gestation.
Il consume nos vies comme de la cire,
Alors on souffle les bougies pour mieux vieillir.
L’empire décline quand il naît, éphémère et passager
Devenant un chapelet de souvenirs que l’on égrène désabusé.
Qu’il soit brillant ou misérable, on doit en extraire un nectar,
Pour refaire ou défaire même si l’on a prit un peu de retard.
Le passé nourrit l’avenir et peut si bien le grandir,
La mémoire se respecte, il ne faut donc pas lui nuire.
Ainsi, ce vieillard savant âgé d’un jour ou cent ans
Conjugue son présent à tous les temps !...
© Valérie Vives
Je livre mes paupières à la nuit,
Mon corps défrise et se fait lourd.
Il est à peine minuit,
Je m’enlise jusqu’au petit jour.
Sans simulateur, ni générique,
Non, juste une caméra amateur,
Un film onirique
Pour s’oublier tout en douceur.
Sur ciel étoilé, le décor se déroule,
Magie instantanée,
Qui soudain s’écroule !
« Le réalisateur ici, c’est moi !… »
On m’a réveillée avec rage
En me secouant, misérable noix,
Jusqu’à ce que je tombe du nuage !
C’était le voleur de sommeil,
Je l’avais déjà croisé,
Mais depuis, j’ai vu le soleil,
Paraît que demain, je filmerai !...
© Valérie Vives
Est-ce que l’amour vous dérange,
Que vous ne puissiez être tendre,
Ou bien ne savez-vous pas vous y prendre ?
Peut-être qu’au fond, aimer pour vous est une chose si étrange...
Pour vous rencontrer, il faut abattre tous les remparts !
Hélas, sous l’orage toutes les armures s’ennuient à rouiller,
Scellant dans le métal usé, les boulons et le désir pour une éternité.
L’amour cher Monsieur, c’est tout un art !
© Valérie Vives
Je ne pouvais te rencontrer qu'au prix de mon endurance,
Qu'à cela ne tienne, j'acceptais ces interminables souffrances.
Concentrée sur le souffle haletant de mon effort,
Mes pensées t’accompagnèrent, jusqu’à l’aurore.
Tu savourais les derniers instants de ta vie utérine
Ignorant encore tout du monde et de ses origines.
Il était temps pour toi de prendre place à ton tour,
Dans le train de la vie fugace et battre le tambour !
Le sac de ténèbres s'ouvrit enfin vers la lumière,
Laissant apparaître deux petites cornes bien fières,
Mais il ne fallait pas se faire ravaler par l'araignée
Alors avec brio, tu t'es jeté sur le toboggan insensé !
Subitement, mon corps s’était divisé en deux parts,
Je n’avais jamais rien ressenti d’aussi fort au cours de mon histoire.
Comme pour compenser le douloureux processus de séparation,
L’amour dans un harmonieux consensus était né d’une division.
Le ciel argenté de ce 29 décembre reflétait cet instant furtif, intense,
Tu étais lové tout contre moi, j’ai vécu là, ma première transe !
Puis tu as englouti le téton de ma poitrine en te comblant de lait,
Pour devenir l'astre qui culmine aujourd'hui, rien ne valait la voie lactée !
© Valérie Vives
J’ai dans le cœur un petit pays ouvert aux quatre vents,
Fouetté par les doux alizés aux effluves de curry et safran.
Les hamacs s'y balancent d'un bout à l'autre de l'archipel,
Le ressac exalté en cadence, comme bossa-nova naturelle.
Mais vulnérable dans son écrin de mer, le délicat bijou
Quelquefois désespère... Que les flots calment leur courroux !
Le turquoise épouse l’émeraude sous un soleil ardent,
Le ciel clément est témoin du mariage et cependant.
D'inquiétants nuages de chaleur font escorte aux époux,
Ce n'est qu'un présage, mais les surfeurs prient déjà à genoux.
Pour chevaucher les rouleaux, ils implorent le bon roi Eole,
Les embruns sur leur peau valent bien toutes les oboles !
Au loin, la récolte de la canne embrase les prunelles,
Les demoiselles dans leur brasier suintent l’odorant caramel.
La grande mare où se mirent les zébus, rougeoie,
Dans le reflet cahin-caha, l’incessant va et vient des kabwas*.
Une production fructueuse d’où naîtra le précieux rhum,
Qui au rythme des saisons douteuses comblera les hommes.
Les grands fonds regorgent de carcasses aux bords des routes,
On y croise au hasard d’un regard fugace, la débâcle ou la déroute.
L'écho pénétrant laisse entendre des bruits de chaînes dessoudées
Rappelant le long combat pour acquérir une certaine liberté.
L'individu affranchi devenant esclave de son éducation,
A enchaîné sa vie à une grave société de consommation.
Les hommes glaneurs devraient pouvoir récolter ce qu’ils ont semé,
Le baume pour tout peuple serait d'être acteur de sa propre destinée.
Si le monde devenait universel sans aucune autre nécessité, peut-être
Les hommes n'auraient plus besoin de se distinguer, pour se reconnaître.
L’attachement à sa terre pourrait être une question d’honneur,
Pour ne plus être refoulé aux portes de son identité, sa couleur.
*Kabwas : Charrettes
© Valérie Vives
Faut-il quémander la paix comme on espère la vie ?
Alors la sérénité aussi, il faut l'exiger sans répit.
Chaque jour le berceau de l’humanité saigne
Pour une sombre histoire de règne...
Depuis des siècles, le langage est guerrier
Et n'a fait qu’ignorer le respect.
Peut-on être digne de Jérusalem
En usant de sanglants stratagèmes ?
La mosaïque de ces peuples est une richesse,
Vitrine du monde, victime de son manque de sagesse.
Les hommes sauront-ils enfin partager sans diviser,
En suivant les pas, de Moïse, Jésus ou Mahomet ?
© Valérie Vives
Profusion d’images que nos cerveaux consomment
Ca et là, des gentils et des méchants bonshommes.
Le son fait vibrer exagérément les tympans,
Mieux vaut être prudent et prendre des calmants.
Premiers coups de feu, vision de cauchemar…
Plus de repaire, tout autour c’est noir.
Déclinaison du vice, meurtres sordides,
Banlieues à la dérive... Scénario morbide !
Sous fond d'infortune et d’exclusion,
On filme aussi la misère des vagabonds.
Les grands cinéastes à la caméra qui brille
N’ont pas la pudeur secrète des hommes guenilles...
Qu’il est triste d’aller au cinéma voir des reality-shows dans le noir !
Le lyrisme de la vie qui danse
Nous apprend à marcher en cadence,
Entraînés au cœur de l’émotion,
On se transforme en véritable diapason.
Qu’il est bon d’entendre la fluidité musicale
Emprunter ses symphoniques dédales...
On se rappelle le vieux marchand de rêves
Qui vendait des baisers salés, sans trêve.
Il les saupoudrait d’innocence et de légèreté sucrée
Pour en faire des bobines d’images à collectionner.
Le vieux marchand s’est éclipsé dans nos mémoires,
Les souvenirs et les rubans défilent, fin de l’histoire.
© Valérie Vives
Elle voit rouge notre petite planète bleue,
Ecoutez-la qui gémit sous les maux qui la ronge,
Pendant que la folie humaine en écho dédaigneux,
Nous répond faussement sereine, trop de mensonges !
La subsistance de la terre est en sursis,
Dans l’insouciance, elle suffoque sous la pollution.
Elle déchaîne en réponse ses éléments insoumis,
Crachant pétrole et solvants, ces satanés poisons !
Notre société décline une rentabilité malhonnête,
Le bœuf et les athlètes sont piqués aux hormones,
On mise sur leurs muscles neufs et leurs bicyclettes
Pour nous faire oublier la couche d'ozone !
Ce râle de mort annoncée n'est pas une parodie,
Pour que notre mère survive, il faut vite changer
Les rouages de notre industrie,
Et nicher des sages parmi les technocrates dorés.
Ecoutez les terribles, les solennelles tempêtes,
Telle une messe, elles nous rappellent le pacte.
Dans la détresse, elles sonnent les trompettes,
Il est grand temps d’en prendre acte !...
© Valérie Vives
Lentement, elles étaient venues me séduire.
Enfouie sous les paillettes de sable,
J’observais ces méduses que j'aurai dû maudire.
Hélas, leur beauté diffuse les rendait si affables.
Cette nuée flottante de chaperons translucides
Déviait ma raison vers des méandres féeriques.
Elles tournoyaient avec tant de grâce, les belles hybrides
Qu'aussitôt, je décidais de suivre leurs traces maléfiques.
Elles mêlaient leurs traînes dans un balai nuptial,
Elégantes, sous leurs voiles blancs de jeunes mariées,
Cependant, je n’étais pas conviée à la noce royale,
Et fougueusement, elles m’ont donné un baiser !
© Valérie Vives
Des herbes folles envahissaient mon jardin,
Il fallait défricher et encore bêcher,
Je n'en voyais jamais la fin,
Alors j'ai laissé prospérer la forêt...
Finalement, j'avais gagné un peu d'ombrage
Et pour un temps, je pouvais voir sans être vue.
Je n'avais plus ce métronome dans mon sillage,
Seulement l'automne qui commençait sa mue.
L'homme est parfois comme une terre en jachère,
Il doit se reposer pour renforcer son destin,
Mais de terribles jugements émanent de sa sphère,
Telles des peaux de bananes jetées sur son chemin.
Le plus beau modèle est l'harmonie qu'offre la nature.
Fin prête à bourgeonner quand sonne le printemps,
Elle peut s'incliner devant l'hiver et ses flétrissures,
Toujours solidaire dans l'acceptation de son présent !
© Valérie Vives
Je déroulais mon existence complexe, comme un tapis,
La piétinant durant des heures, sans que le moindre écho ne résonne.
Sa longueur infinie était constellée d'acariens ennemis,
Je restais perplexe, je n'aimais pas cette faune !…
Devant, ma vie chaotique ne laissait que très peu de place à l'espoir,
Tandis que derrière, des douleurs psychotiques dans un vent de folie,
M'empêchaient d'y croire.
Dans cet espace étriqué, je pouvais à peine déposer un soupir inavoué.
L'endroit où j'existais jusqu'à l'usure était le labyrinthe de mes pensées,
Où j’y changeais au fur et à mesure toutes les ampoules qui grillaient !
Alors que je courrais sur cette voie sombre et indéfinie,
Je vis distinctement une main se poser, sans bruit.
Dans mon élan, je n'ai ni pu, ni voulu l'éviter,
J'y ai simplement jeté mon corps endolori !...
Aussitôt, mon esprit s'est apaisé et mon cœur s'en est épris,
La vérité m'éclairait, adieu la pénombre des courts-circuits !
© Valérie Vives
En martelant l'asphalte brune,
L’écho de mes talons se brise sur la lune.
L’onde a fait frémir les constellations endormies,
Qui sentant l’heure propice entament une symphonie.
Les comètes sèment dans leurs sillages
De fines sonorités poudreuses dans le feuillage.
Les cigales coopèrent en montant crescendo,
Dans une formidable chorale qui donne le tempo.
Le ciel aussi a revêtu son costume de brume,
J'aperçois au travers, les étoiles qui s'allument.
Filant le canevas sidéral de leurs paillettes,
Elles ouvrent le bal et jouent les vedettes !
Rimbaud les froissait dans un doux froufrou,
La poésie se fait reine, voilà qu'elles rejouent !
Le concert est planétaire de Vénus à Jupiter,
Je danse sous le réverbère et parcoure l’univers !
© Valérie Vives
Je dévale, ruisselle,
Le soleil couchant éclate comme une orange
Répandant son jus sur les façades décrépies.
Mes pas dispersent une nuée légère de confettis,
Une multitude de pigeons ivres de liberté et d’oubli.
Le vent frais transporte mon corps d’éponge,
Je coule, les bras en croix,
Ondulant sous le ressac de mes pensées liquides.
Les ombres brodent des trames de lueurs diffuses,
Art éphémère encensé par la nuit, leur muse.
Dans un ultime souffle, la brise
fait tinter au loin ses grelots,
Et le jour agonise,
Sous un ciel incendié de lave indigo.
© Valérie Vives
De l’aurore au crépuscule, j'égrène sur ma vie
De longues heures qui fabulent, bordées d’ennui.
De matins brumeux, jusqu’aux soleils rubis,
Je prie Dieu, qu’il apaise mon esprit.
En effet le temps passe, et dans ma tour
Je me lasse que mon cœur fasse tant de détours.
Il bat tantôt la retraite, tantôt le tambour,
Fait des plans sur la comète et rêve d'amour.
A la lisière des étoiles une nuit au mois d’août,
Son char à voiles enfin croise ma route.
Une aura virginale auréole son visage d'ange,
Je l'aime déjà, comme c'est étrange.
Je l'ai dépoussiéré dans les méandres,
Au détour d'une odyssée ludique et tendre.
L'espoir a prêté vie à cet amant,
En l'appelant Icare, au firmament...
Nos corps faits d'ombres, de musc et d'ambre,
dansent en s'enlaçant sur les murs de ma chambre,
mais grisé par les rîmes le spectre au teint de nacre,
Disparaît hélas, dans un ultime sacre !
© Valérie Vives