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Là où poussent les lys

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La raison du corbeau

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Le cul-de-sac de la rose

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Le miroir

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Les nuits sans toi

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Les réalités qui se forment dans nos instincts

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L'humanité

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L'un dans l'autre

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Mon jugement

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Notre chat

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N'oublie pas

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On ne lui a pas encore donné un nom

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Un monde plein à craquer

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Demain le soleil naîtra pour nous

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Biographie de l'auteur

 

 

LA OU POUSSENT LES LYS     


 
Là où poussent les lys
 Il y a aussi des insectes.
 Il arrive un moment disparaissent
 De la mémoire.

 Le monde est ainsi fait,
 L'un meurt,
 L'autre naît.

 Là où poussent les lys
 Il y a aussi des insectes.
 Plusieurs choses
 Restent dans les profondeurs.
 On ne voit peut-être pas les défauts.
 La plupart du temps
 Les écrivains, les dessinateurs,
 Les lecteurs
 Ne découvrent pas la vérité.

 Là où poussent les lys
  Il y a aussi des insectes.
 L monde est ainsi fait,
 L'un meurt,
 L'autre naît.

©  Paris, le 09.05.1999 —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés.

 Traduit par : Yakup YURT

 

 
 LA RAISON DU CORBEAU         


 
On demanda au corbeau:
" C'est pour quand la noce? "
 Il répondit :
 " A la moisson des orges... "
 On lui demanda encore :
 " Fort bien, jusqu'à ce moment-là
 Que comptes-tu faire? "
 Il répliqua :
 " Renverser les épouvantails... "
 On rit
  En se disant " Pourquoi? "
 Le corbeau après une brève réflexion
  Donna sa réponse :
 " Il n'y a pas de différence
 Entre certains gens et les épouvantails... "


 

©  Paris, le 06.06.2000  —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés.



 LE CUL-DE-SAC DE LA ROSE        


 
Les douleurs envahiront tes rêves
 Écoute donc la mer
 Par tout ce que tu vois.
 Souviens-toi des zones bleues
 Remplies par le soleil
 Pendant que les chagrins y dorment
 La main dans la main
 Les nuits apporteront des péchés.
 Tes yeux boiront le ciel
 Tu ne pourras pas supporter
 Le murmure d'une disparition
 Dans le cul-de-sac de la Rose.

 Les poèmes y seront silencieux
 Les chansons te feront pleurer
 Les verres se briseront dans tes mains
 Tu ne pourras pas penser
 Et puis sache que
 Tu ne pourras plus me voir
 Dans le cul-de-sac de la Rose.


©    Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés.

 


 
LE MIROIR        


 
L'être humain se voit lui-même
 Dans le miroir.

 Il reste au de delà  pensée
 De temps à autre
 Il voit des figures déformées,
 Il voit les choses à l'envers.

 Il cherche un coupable
 Constamment
 Il voit des tissus
 Tout en morceaux.

 Celui qui est à accuser
 Est lui-même.
 L'être humain courtois
 Ne peut accuser sans connaissance.

 Que l'être humain vive à Paris
 Ou à Konya
 Les vérités sont invariables
 Dans l'univers.

 L'être humain se voit lui-même
 Dans le miroir.

 

©    Mantes la Ville, le 21.11.1995 —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par : Yakup YURT

 



 LES NUITS SANS TOI       


 
Je sirote mon esclavage
 Les nuits
 Je suis cloué trop loin sans toi.

 Je cache les bleus rafraîchissants
 De mes rêves
 Je fais fondre le temps dans mes verres
 Avec une chanson qui pleure
 Je dessine mes larmes
 Dans mes poèmes.

 Et toutes les nuits
 Les gouttes de pluie rêvent de moi
 Pour disperser ma soif de toi
 Je bois. Je bois jusqu'à l'infini.

©   Istanbul, le 04.08.1974 —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT


 LES RÉALITÉS QUI SE FORMENT DANS NOS INSTINCTS      


J'ai tripoté
 Trois fois avec mes doigts
 La porte fermée...
 J'ai pensé
 Qu'il « Occupé... »
 Ensuite,
 En boutonnant ma veste
 Je suis entré...
 Ma tête était baissée,
 Je craignais
 De regard méchant
 Se formaient
 Dans mes instincts...
 A ce moment-là,
 Tout doucement
 J'ai tourné ma tête
 Vers la fenêtre
 Que le vent avait ouvert...
 Les papiers
 Posés sur le bureau
S'étaient dispersés par terre...
Ma tête baissée
 Un par un, je les ai ramassés
 Avec beaucoup d'humilité...
 Et je les ai déposés
 Sur le bureau...
 Dans l'attente d'un grondement
 Ou d'un regard rude
 Allégrement
 J'ai levé ma tête
 Un gros fauteuil tout vide
 Était en face de moi...
De ce bureau de haute fonction
 Où j'étais entré
 Avec cérémonie et crainte
 Je suis sorti à reculons
En saluant le fauteuil vide...
 Ceux qui attendaient devant la porte
 Les uns après les autres
 Ont également fait comme moi...
 La précarité de la vie
 Se reflétait
 Dans les fenêtres
 Qui cognaient à cause du vent...

©     Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 


 L'HUMANITÉ        

Lorsque les aspirations primitives
 S'unissent à la lutte d'intérêt
 Il ne reste trace de l'amitié
 Mon frère.

 Tous les comportements vils
 Sont à la propre hauteur de l'individu.
 Les efforts de nuire
 Sont derrière le bon.
 Celui qui mène ses affaires égoïstement
 Ne peut trouver d'ami
 Mon frère.

 Tout est  sous observation ici-bas
 Ce ne sont pas les appareils,
 Mais l'être humain qui est déréglé.
 C'est le jour de la course
Derrière l'amitié.
 La méchanceté ne s'oublie pas
 Mon frère.

 Certaines créatures ne sont pas
 Le mur des lamentations
 A s'y retourner pour pleurer.
Les passions
 Traînant l'homme derrière elles
 Ne sont pas des vaches à lier !
 Celui qui à un aveugle pour guide
 Ne peut arriver à son but
 Mon frère.

©   Paris, le 22.08.1999 —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 

 L'UN DANS L'AUTRE      


 
Mon avocat est médecin à l'hôpital,
 Mon médecin
Avocat au palais de justice...
 Mon professeur est la personne
 Violentée par eux
 J'ai perdu mon père
 Avant d'être né
 Elle nous a fait  grandir en larmes
 Ma mère.

 Mon voisin,
 Malade mental.
 Mon compagnon ;
 Le chat.
 Mon amie
 Ma plume.
 Mon ennemi
 L'ignorance.
Ce qui me dérange
 L'opportunisme.

 Mon école ;
Le bistrot.
 Mon lieu de travail,
 L'école.
 Mon gain ;
 Ma bonté
Vis à vis d'autrui.
 Ma crainte
 Est de n'être pas compris.

 J'aime beaucoup
 Les êtres humains.



©   Paris, le 01.01.1999 —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 

 MON JUGEMENT     

 Ils m'ont jugé devant les fleurs
 Les fleurs se sont tues
 Les jours ont parlé.
 Une accusation a pénétré mes yeux
J'ai clamé mon innocence
 Ils ne m'ont pas écouté.

 Je sais
 Les fleurs pensaient à quelque chose
 Les nuits m'en sont témoins
 Je les ai suppliés de m'écouter
 Les déclarations des étoiles
 Ils n'ont pas écouté.

 En plein milieu des nuits
 Mon cour s'est senti encerclé
Je me suis laissé emporter
Par les obscurités
 Qui bandent mes yeux.
 Ma solitude était plantée dans mon cour
 Je n'ai pas pu expliquer
 Que je n'avais personne
 Ils n'ont pas écouté.

 Ils m'ont jugé devant les fleurs
 Ils ont lié les nuits
 A mes bras
 Et ils m'ont exilé dans le noir
Tout seul.

 J'ai clamé mon innocence                          
 Ils n'ont pas écouté.

 

©     Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT



NOTRE CHAT     


 
Nous avions un chat
 D'une fidélité exemplaire.
 Pendant que les souris dansaient
 Sous la chaufferette
Le nôtre somnolait.
 Le temps s'est écoulé dans un sommeil profond
 Les souris ont grandit. et se sont multipliées.
 Comme si elles étaient affamées depuis des années
 Elles se sont plongées
Dans tout ce qu'il y avait sur place.

 De laquelle voulez-vous qu'il s'occupe
 Notre chat ?
 Tout perplexe qu'il était
 Il s'est mis à regarder
 Et d'un côté. Et de l'autre côté.

©     Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 N'OUBLIE PAS    

 
Même si je t'ai perdue
 De ces miroirs-là
 C'est encore toi qui seras
 Devant mes yeux.

 Je ne pourrai peut-être pas
 Tenir tes mains
 Je ne pourrai peut-être pas
 Couvrir ta nudité
 Avec des tulles blancs.

 Tu seras dénoncée par ces soirs-là
 N'oublie pas.

 Là où tu verras
 Un arrêt semblable à celui-là
 S'en va du devant des vitrines
 Lis mon nom dans les reflets de lumière
 N'oublie pas.

Tu seras dénoncée par ces soirs-là
N'oublie pas.

 

©     Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 ON NE LUI A PAS ENCORE DONNE UN NOM   

J'ai voulu dessiner
Ceux qui ont été classés dans les rayons
 Les écrits humiliants l'être humain
 Dans des mondes clos.
  
 On n'a pas encore donné de nom
Aux efforts tant dédaignés
 Aux sentiments considérés comme nuls
Aux huit ans
 Aux dix-huit ans
 Les horizons sans soleil
 N'avaient aucune signification
Là où on ne les voit pas.

 Le passé des êtres humains de l'obscurité
 A été complètement mouillé
 Et ensuite mis de côté.

 J'ai voulu dessiner
 Ceux qui ont été classés dans les rayons
Les écrits humiliants l'être humain
 Dans des mondes clos.


©   Magnanville, le 01.01.1999  —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT

 

UN MONDE PLEIN A CRAQUER  


 
Plié en deux
 Avec le fardeau du passé sur mon dos
 En traversant ses chemins
 D'où suis-je parti pour arriver où?...

 Alors qu'aux vignes de la poésie
 Les attentes couvertes de neige
Étaient traitées comme une dentelle
 Moi, je ne sais trop comment
 J'ai ri aux chagrins!...

 Pendant que tournaient autour de moi
 Toutes les choses qui m'intriguent
 En ce temps-là
Moi, j'ai semé la poésie
 Dans les champs de l'amour...

 Malgré les scorpions
 Les serpents
 J'ai eu souvent soif
 D'une vie humaine décente...
 Et de surmonter les murs
 Construits contre nous...

Les fourberies
 M'ont marqué très fort...
 A chaque fois
Il m'a semblé plus grave
 D'être aveugle d'idées
 Qu'aveugle de couleurs...

 Plié en deux
 Avec le fardeau du passé sur mon dos
 En traversant ses chemins
 D'où suis-je parti pour arriver où?...


 
©  Istanbul, le 05.04.2000   —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT


 
DEMAIN LE SOLEIL NAÎTRA POUR NOUS 


 
Ne prends pas froid au carrefour
Des froideurs...
Raconte la forme
 Des garde-fous
 Tant que ta langue tourne...
 De toute façon.
 Demain le soleil
 Naîtra pour nous...

 Comment rester insensible
 A ce qu'on t'a fait subir?
 Comme vivre la nuit,
 Dans la clarté du jour.
 Nous savons qu'en tous cas
 La gaine des grossièretés
 Est prête.
Demain le soleil
 Naîtra pour nous...

 Même si ton labeur fait briller
 Les versants noircis.
 On ne sait pas,
 Si tu existes.
 Ou non parmi eux ?
 Nous savons,
Leur but
 Et de te mépriser.
 Laisse. Ne t'en fais pas
 Tout ce qui est arrivé.
 De tout façon
 Demain le soleil
 Naîtra pour nous...

 
© Magnanville, Le 16.03 .2000  —  Üzeyir Lokman ÇAYCI – Tous droits réservés. Traduit par: Yakup YURT



 
Üzeyir Lokman ÇAYCI est né en Turquie, à Bor, sous-préfecture réputée pour ses verdures. Il a terminé ses études primaires et secondaires dans cette petite ville. Ensuite, il a réussi en même temps le concours national d'admission à l'université et à l'École Supérieure des Arts Industriels Appliqués de l'Académie des Beaux-arts de l'État dont il est sorti en 1975, avec le diplôme d'architecte intérieure et de concepteur industriel. Ses travaux pleins d'originalité n'ont pas tardé à attirer l'attention des connaisseurs. Ensuite il a été admis aux expositions et ses ouvres ont été publiées dans les revues spécialisées. A sa sortie d'école, il a commencé à travailler au Département de R&D aux Fonderies appartenant au fameux Koç Holding, groupe industriel turc, où il a excellé dans les travaux de design. Ses conceptions pour les boutons de fours se sont concrétisées en production industrielle.
 Durant son service militaire, effectué avec le grade de sous-lieutenant, en collaboration avec des amis, il a contribué au sauvegarde de diverses ouvres historiques (statues, reliefs, etc.), exposées ensuite au Musée Marin de Beþiktaþ.
 Les poèmes et les nouvelles, écrits dès l'âge de 14 ans, ont été publiés dans divers revues et journaux, tant nationaux qu'anatoliens. La presse, les revues et les anthologies ont réservé un bel accueil à ses créations. L'intérêt qu'Ümit Yaþar OÐUZCAN, poète turc de grande renommée, a témoigné à son égard lui a permis d'accéder à des plates-formes importantes. A Esir Kulüp de Beyoðlu à Ýstanbul, regroupant de grands poètes chevronnés du pays, il a récité durant des années ses poèmes dans l'ambiance musicale des soirées de poésie.
 Il a créé une archive des lettres envoyées par des milliers d'amateurs de poésie. Les travaux de traduction de ses poèmes en français, en anglais et en allemand sont en cours.
 Üzeyir Lokman ÇAYCI a publié son recueil de poésie "L'Arrêt des Soirs" en 1975 et une biographie en 1989 en langue turque. Dans les mois à venir "Tu n'es pas coupable, ami" (poèmes), "Le monde turc à l'étranger" (recherche), "On m'a arraché mon fils de mes mains" (roman) et "La Turquie en Europe" (recherche) seront présentés à l'appréciation des bibliophiles.
 Les jolis poèmes traduits en français par Yakup YURT, valeureux traducteur, interprète, amoureux des arts et écrivain vivant à Bruxelles, suscitent pas mal d'intérêt dans la presse française et auprès d'organismes compétents. Actuellement, fort du soutien de Yakup YURT, connu pour sa modestie et sa compétence, Üzeyir Lokman ÇAYCI poursuit ses travaux en France.
 Il s'est marié avec Neziha en 1995. A la suite de plusieurs stages, il travaille depuis 1991 à l'AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes).