Poèmes extraits du recueil "Délire de poèmes éclectiques"
( 2001 - Editions Le Manuscrit)
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Là-bas, sur la mer déchaînée,
Se livre l’ultime combat
De marins-pêcheurs malmenés
Luttant contre leur trépas
Et tous ces pauvres gens
Perdus dans la tempête,
S’efforcent vaillamment
De relever la tête !
Mais la mer, victorieuse,
Les a vite engloutis,
Cette innommable gueuse !
Et sur le port, leurs femmes, tremblantes et diaphanes,
Ont déjà tout compris !
Et elles pleurent, les Yvonne et les Marie-Jeanne !
© Justine Mérieau
Nous sommes tous plus ou moins à la dérive
Ne sachant où aller
Cherchant désespérément une rive
Où pouvoir accoster
Certains ont cru l’avoir trouvée
Et s’y sont arrêtés
Mais le temps a passé
Et ils savent bien s’être trompés
D’autres la cherchent toujours en vain
Voulant à tout prix croire
En un merveilleux destin
Fait d’amour et de gloire
Quant à moi, je vous dirai
Qu’il ne faut pas la chercher
C’est en nous qu’elle est cachée
C’est en nous qu’il faut trouver !
Je sais aussi ceci : le merveilleux existe bien
Il est autour de nous
Moi, je le vois partout
Parce que je le veux et que j’aime mille et un petits riens !
© Justine Mérieau
Nathalie
Lit !
Isidore
Dort !
Si Nathalie
Lit
C’est qu’Isidore
Dort !
Car, Nathalie,
Beaucoup, s’ennuie !
Elle voudrait qu’Isidore
S’occupât de son corps
Elle voudrait aller au lit
Se blottir tout contre lui !
Mais cet ingrat d’Isidore
Dort !
Encore, encore et encore !
Et pauvre Nathalie
Lit
Presque toutes les nuits,
Pour tromper son ennui !
Un jour, Nathalie, lassée
A rencontré la belle Chloé
Et, enivrée,
Elle l’a aimée !
Elle a quitté,
Bien dégoûtée,
Son Isidore,
Qui toujours, dort !
C’est ainsi que Nathalie
A viré de bord
A cause d’Isidore !
Et les nuits, plus elle ne lit !
© Justine Mérieau
A mante ardente, acharnée, si amoureuse de toi
B el homme, bandit, brigand, bourreau de mon
C oeur continuellement content ne se calmant pas
D ésarmée, dépendante, dominée, dont
E trangement ensorcelée, enfiévrée, je m’enflamme
F olle de ce fou, ce feu-follet dont je suis en folie
G ourou de mon corps, gardien unique de mon âme
H éros magique, heureux hasard, horizon d’harmonie
I l illumine, il irradie intensément ma vie
J our après jour, en son joug, joyeusement
K ummel, Kwas et Képhir de ma jouvence
L ui seul pourrait rompre des liens si denses
M ais moi, alors, meurtrie, malade, mourant
N e pourrais, noyée d’un noir chagrin, m’en remettre
Ô , fassent qu’outrages, ouragans et orages
P orteurs de perdition, de punition peut-être
Q u’aucun de ces quolibets et querelles sauvages
R ien pour moi, non rassasiée ni raisonnable, ne vienne
S accager la suave sensualité qui est mienne
T el est le torride et troublant voeu que je fais en tremblant
U nis pour toujours, univoques et à l’unisson
V oguons sur les violentes vagues, voluptueusement
W argame de nos coeurs, au wharf des passions, accostons
X érès et autres alcools, xylophones aux sons mélodieux
Y apporteront tous les piments les plus délicieux
Z élateur, l’Amour sera au zénith le plus glorieux
© Justine Mérieau
J’ai pris le bateau ivre de Rimbaud
Et suis partie sous d’autres cieux,
C’était compter sans les profondes racines
Qui nous rattachent bien malgré nous
À notre pays, à notre passé, à tout
Ce qui me manque tant et me chagrine…
Ah ! pouvoir encore respirer
L’odeur salée des goémons
Et pouvoir à nouveau goûter,
De l’atlantique, tous les poissons !
Pouvoir aussi m’allonger
Sur l’herbe tendre d’un vaste pré
Et y revenir à la fin de l’été,
Pour y sentir les foins coupés !
Ah ! pouvoir retrouver enfin,
Le Gard et sa garrigue embaumée
Par ses mille herbes parfumées :
Basilic, serpolet et thym !
Et par les chaudes journées, aller nager pour me rafraîchir
Dans la Cèze aux eaux transparentes et pures,
Où se mire ce doux et beau ciel d’azur,
Puis m’étendre nue sur un plat rocher et au soleil m’offrir,
Pour goûter avec ivresse cette incroyable paix,
Que rien ne vient troubler, si ce n’est
Le concert ininterrompu des cigales chanteuses
Qui, dans le midi, donne l’humeur joyeuse !
Voici, tout ce qu’à présent
Je regrette intensément…
Pourtant, j’ai vu Ceylan
Et ses bonzes rayonnants,
Ses temples, ses palais et ses bouddhas
Colombo, Bentota et Jaffna…
J’ai mangé des mangues et j’ai bu du thé,
Assise à l’ombre des frangipaniers…
Sur de belles plages de sable blanc
Et de purs lagons aux coraux diaprés,
Sous un soleil étincelant
Qui, le soir, suicidaire,
Embrasait ciel et mer
De mille feux incandescents,
Puis se noyait dans l’océan…
J’ai vu aussi Maurice, délicieuse île,
Terre d’asile de Paul et Virginie
Et pour quelque temps, celle aussi,
De ceux qui fuient la folie de leur ville
Et viennent se reposer sous les filaos,
Allongés paresseusement sur le sable chaud,
Et qui, le soir, le sega iront danser,
Comme moi-même, bien souvent, l’ai fait…
Malgré cela, j’aurai toujours
La nostalgie
De mon pays,
La nostalgie, jusqu’au retour…
© Justine Mérieau
Dit le Palestinien affligé
Tu as si souvent été chassé,
Tu as beaucoup souffert
Alors pourquoi une telle cruauté
Et à ton tour vouloir nous chasser
En nous prenant nos terres ?
Tu nous as pris la Galilée,
C’était mon pays bien aimé !
J’y avais ma maison centenaire
Et tu me l’as prise, et c’est l’enfer !
Mais ce pays, répond l’Israélien,
Ce beau pays était aussi le mien !
Les trois rois mages y sont allés,
Suivant l’étoile du berger,
Pour y voir naître Jésus, juif comme moi !
Ce n’est pas la terre de ton Dieu Allah,
Pas plus que celle de ton prophète Mahomet
Qui, par les dirigeants de La Mecque, chassé,
A fui en Arabie,
Où, là, il s’établit !
Mais, Jérusalem, la ville sainte ?
Dit le Palestinien comme une plainte
Nous y avons aussi nos mosquées
Et la ville est à nous pour moitié !
Pourquoi ne pourrions-nous partager,
Pourquoi nous empêcher d’y entrer ?
Eh bien, dit le Juif, consterné,
Je ne vois pas, j’avoue, de solution,
Nos synagogues y sont ancrées,
Ainsi que le mur des lamentations !
C’est à nos chefs de décider !
© Justine Mérieau
Oiseaux de feu se sont abattus
Sur des Dieux jusqu’alors invaincus
Et sur New-York et Washington
C’est tristement que le glas sonne !
Le onze septembre deux mille un
Vit pleurer les Américains,
Contemplant avec effarement,
De deux géants, l’effondrement,
Tandis que le Pentagone,
Touché également est en flammes
Et que de tous côtés, pauvres âmes,
Les gens s’enfuyant, s’étonnent,
En ne comprenant toujours pas
Que les leurs sont sous les gravats
© Justine Mérieau