Partagez des moments poétiques avec Anaïs Guiol !

 

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Styx

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La solitude

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Le corbeau

                     

  Styx 

 

Je n' existe pas,
Je ne suis pas,
Et pourtant je suis là

L'oubli, mon paradis,
On s'y noie,
affalés sur les trottoirs
On y boit
Quelquefois

Toi que vois-tu dans mon oeil noir ?
Y contemples-tu ta mort ?
Cette tombe de béton et d'acier,
La société l'a dressée
Le reconnais-tu ce linceul
De nos mots recouvert ?
Le bonheur

Lentement ce voile blanc
Telle la mort recouvrant
Un papillon blanc
Sur ce monde croule
Doucement complice du temps

La pensée est vaine
Elle fuit, la rivière de mes veines
en flots saccadés, idée noire d'un jour blanc,
Futur illusoire d'un espoir
Paix futile du désespoir

Rêve d'une nuit,
Anéantie, perdue
Dans le flot du temps
Qui se répand


©  2002 - Anaïs Guiol

 

 La solitude 



Je ne suis que la voix refluant des abysses
Je ne suis que le moi des méandres et des précipices
Je ne suis que le néant surgissant du rien
Je suis le rien qui donne naissance au tout
Je suis la solitude abyssale, insondable de l’âme
Je suis le cachot de la vie et la paix de la mort
Autour de moi se crée, autour de moi se forme
Mais je reste l’immuable,
Je reste le vide absolu que rien ne peut emplir.


© Anaïs Guiol

 

 

 Le corbeau 



Le cœur gros, les pensées floues, l’âme noire
Les corbeaux lassent et se délassent
Auprès de leur victimes
Qu’ils lacèrent de leurs serres
Leurs becs se gorgent de sang innocent
Qui s’épanche sous un ciel incertain
Les flocons blancs chutent
Sur le noir des corbeaux,
Sur le rouge de cette terre sanguinaire
Recouvrant tout d’un linceul blanc ;
Et le ciel se cache,
De ses anges déchus,
Après la bataille, sans tombeau
Ni cimetière, dorment,
Il veut les ignorer
La mort au loin les a emportés,
Là eux attablés, besognant,
Effacent jusqu'au trait,
Ceux que l’on veut oublier.

© Anaïs Guiol