Je ne suis que la voix refluant des abysses
Je ne suis que le moi des méandres et des précipices
Je ne suis que le néant surgissant du rien
Je suis le rien qui donne naissance au tout
Je suis la solitude abyssale, insondable de l’âme
Je suis le cachot de la vie et la paix de la mort
Autour de moi se crée, autour de moi se forme
Mais je reste l’immuable,
Je reste le vide absolu que rien ne peut emplir.
© Anaïs Guiol
Le cœur gros, les pensées floues, l’âme noire
Les corbeaux lassent et se délassent
Auprès de leur victimes
Qu’ils lacèrent de leurs serres
Leurs becs se gorgent de sang innocent
Qui s’épanche sous un ciel incertain
Les flocons blancs chutent
Sur le noir des corbeaux,
Sur le rouge de cette terre sanguinaire
Recouvrant tout d’un linceul blanc ;
Et le ciel se cache,
De ses anges déchus,
Après la bataille, sans tombeau
Ni cimetière, dorment,
Il veut les ignorer
La mort au loin les a emportés,
Là eux attablés, besognant,
Effacent jusqu'au trait,
Ceux que l’on veut oublier.
© Anaïs Guiol