L'ange de pierre
Laurent Coos
Par une lourde chaleur
d’été, David, employé modèle dans une importante fiduciaire de la ville,
terminait de classer les documents destinés aux archives. Le ventilateur,
bruyant, brassait désespérément l’air chaud à travers ses pales mais ne
parvenait pas à apaiser la lourdeur atmosphérique. David devait être l’un des
rares employés de tout l’immeuble à ne pas disposer d’un bureau climatisé.
Il prit une pile de classeurs sous le bras afin de les descendre au sous-sol,
lorsque la porte de son bureau s’ouvrit brutalement. C’était Jean-Marc, son
supérieur hiérarchique. Mince et sportif, on aurait dit que la canicule de ces
derniers jours n’avait aucune emprise sur lui, malgré le fait qu’il portait une
chemise noire boutonnée jusqu’au col et une cravate trop bien ajustée. D’un
geste sec, il posa une chemise cartonnée sur le bureau de son employé en
déclarant :
— Je vous apporte les derniers dossiers de la semaine. Je sais que nous sommes
vendredi, mais pouvez-vous les classer d’ici ce soir ?...
— Oui bien sûr, répondit timidement David.
Le jeune cadre le dévisagea d’un air hautain
— C’est parfait. Je vous souhaite d’ores et déjà un bon week-end, car je pense
que je vais profiter de cet après-midi ensoleillé pour emmener mon fils à la
piscine…
— Bon week-end à vous aussi, répondit David entre ses dents.
Dès que son chef referma la porte derrière lui, il jeta les classeurs sur son
bureau et lâcha un profond soupir. Cela faisait maintenant plus de cinq ans
qu’il ressentait la désagréable impression d’être exploité par ce petit
prétentieux qui le traitait le plus souvent comme son sous fifre. Malgré son
brevet de comptable, il n’avait jamais réussi à trouver un emploi digne de ses
compétences… et pour cause : son physique des plus ingrats et sa timidité
maladive l’empêchaient de gravir les échelons. Il devait donc se contenter d’un
emploi d’assistant, en se consolant d’avoir un job, aussi mal rémunéré soit-il.
« L’homme est un loup pour l’homme, se dit-il, et la loi de Darwin semble
s’appliquer même dans un monde aux apparences civilisées. »
Tout à coup, il prit une décision qui l’étonna lui-même : Non, il n’allait pas
terminer son après-midi dans ce bureau surchauffé ! Oh que non ! Il viendrait un
peu plus vite lundi matin afin de respecter ses engagements, mais lui aussi
profiterait de cette magnifique journée !
D’un pas enjoué, il se dirigea vers l’ascenseur, déboutonna les deux premiers
boutons de sa chemise et se précipita hors du bâtiment.
Des gosses criaient joyeusement dans les rues, couverts par le brouhaha des
voitures. Un petit avion de tourisme grondait dans le ciel en faisant quelques
figures acrobatiques, tandis qu’un nuage solitaire traversait l’azur. L’odeur du
goudron chaud qui se dégageait de l’asphalte lui chatouilla les narines.
Il traversa les rues d’un pas pressé et se retrouva en quelques minutes dans le
parc du musée. Celui-ci représentait un havre de paix au cœur même de la
métropole, et, bizarrement, lequel était peu fréquenté. Il gravit d’un pas
souple les quelques marches qui menaient au centre de l’espace vert, là où se
trouvait un étang ombragé par de grands feuillus. Il s’assit sur son banc
habituel, situé tout au bord d’une petite cascade, à l’abri des regards. Juste
en face de lui, sa bien-aimée l’attendait au milieu d’une parcelle de fleurs.
Sa bien-aimée était une statue de pierre représentant un ange. Elle était
magnifique !
Sa physionomie était celle d’une femme et son visage d’une beauté indescriptible
esquissait un sourire magique. Un sourire, et il en était certain, qu’elle
n’adressait qu’à lui. Ses yeux, à demi-clos, exprimaient un regard bienveillant
qui lui embaumait le cœur.
David venait lui rendre visite tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente, car
elle se trouvait à mi-chemin entre son lieu de travail et son appartement situé
sur les hauteurs de la cité. C’est aussi pour cette raison qu’il refusait de
chercher un autre emploi, car elle faisait partie intégrante de son quotidien
depuis maintenant cinq ans. Le matin, elle lui donnait la force d’affronter sa
journée, le soir l’envie de la terminer.
Ainsi les jours passaient.
Le jour de la St. Valentin, et c’était son secret, il venait déposer une fleur
au creux de sa main. Il savait que si ses connaissances venaient à s’apercevoir
de son petit manège, elles n’auraient pas fini de se moquer de lui. Mais il n’en
avait cure. Qu’y a-t-il de mal à aimer, dans un monde où la plupart des valeurs
sont bafouées ?
Il resta assis un long moment à contempler la statue, lorsqu’un vague de
tristesse le submergea. Il venait de fêter ses trente-trois ans et il se sentait
désespérément seul. À son âge, la plupart des hommes retrouvaient un foyer
chaleureux le soir venu, mais lui demeurait inexorablement seul, comme si le
destin en avait décidé ainsi.
Et quelle femme voudrait partager sa vie avec un bureaucrate raté, et de
surcroît petit et myope ? Pour couronner le tout, il n’était même pas capable de
demander une livre de pain à sa boulangère sans devenir rouge comme une tomate !
Il ferma les yeux et se laissa bercer par le gazouillis des oiseaux.
— Bonjour David, résonna une voix juste devant lui.
Il rouvrit les yeux dans un sursaut, et quelle ne fût pas sa surprise en voyant
l’ange qui flottait devant ses yeux. Son cœur se mit à battre à tout rompre dans
sa poitrine et, sous l’émotion, il demeura sans voix. Il ne s’agissait plus de
la femme taillée dans la pierre, non, ce qu’il avait devant lui était une image
spectrale incroyablement belle. Une aura bleuté, lumineuse, l’entourait.
— N’ais pas peur, David. Si je me matérialise devant toi, c’est pour te
remercier de tout l’amour que tu me portes depuis toutes ces années… Rares sont
les humains qui offrent leur amour ainsi de manière inconditionnelle.
Sa voix était à la fois douce et mélodieuse.
— Mais je… c’est impossible ! balbutia-t-il en se redressant.
— Qu’est-ce qui est impossible ? demanda-t-elle amusée.
— Que… Que vous soyez ici vivante !
— Je ne suis que la matérialisation du plus beau sentiment qui existe sur cette
terre, David. Je suis venue afin d’exaucer ton vœux le plus cher. Celui auquel
tu ne crois plus depuis longtemps.
— Mon Dieu… Vous savez donc que…
— Oui. Cependant, je te demanderai une seule chose en retour : La promesse de
préserver à jamais notre secret.
— Je… Je vous le promets !
— Très bien. Alors ferme les yeux et que ton vœu soit exaucé !
Un bruit de tonnerre roula dans le ciel et David ouvrit à nouveau les yeux. D’un
seul coup, un vent violent s’était levé et un peu plus loin un groupe de gamin
courait pour se mettre à l’abri. Mais la statue de pierre était toujours à sa
place, comme si rien ne s’était passé.
— Bon Dieu, j’ai dû rêver, murmura David les yeux exorbités.
Pourtant, cette apparition lui avait paru tellement réelle qu’il en était
bouleversé. Il se frotta les yeux comme pour se réveiller, mais il était bel et
bien revenu dans la réalité. Le vent se mit à souffler plus fort, projetant des
brindilles d’herbes séchées dans toutes les directions. Il se demanda soudain
comment le temps avait-il pu changer si vite, en l’espace de quelques minutes.
Au moment où il s’apprêta à partir, un gigantesque éclair fendit le ciel et
s’abattit sur la statue dans un fracas effroyable. La sculpture se fendit par le
milieu, vacilla sur son socle, avant de tomber et de se briser en mille
morceaux. Horrifié, David prit ses jambes à son cou au moment où la pluie se mit
à tomber.
Le lendemain
Assis dans sa cuisine, David écoutait la pluie qui tombait sans discontinuer
depuis la veille, une tasse de café à la main.
Il repensait sans cesse aux événements de la veille, sans parvenir à remettre de
l’ordre dans son esprit. Avait-il été victime d’une hallucination, si agréable
soit-elle ?
Il se mit à relire l’article du journal qui relatait d’un violent orage qui
s’était abattu sur la région, provoquant un bon nombre de dommages dans la
ville. Mais l’auteur de l’article n’avait même pas pris la peine de mentionner
la statue. Sa Statue.
Que pouvait bien valoir cette magnifique œuvre d’art aux yeux des gens ? Seuls
quelques propriétaires de chiens la regardaient d’un œil distrait lorsque leurs
maudits clébards venaient uriner à ses pieds…
Soudain, la sonnerie du carillon de l’entrée retentit, l’arrachant à ses
pensées.
Il se demanda qui pouvait bien vouloir lui rendre visite, alors qu’il n’avait
pratiquement pas d’amis. Ses parents étaient décédés depuis de nombreuses années
et la seule famille qui lui restait était sa sœur, vivant à plus de deux cents
kilomètres, et venir ainsi à l’improviste ne lui ressemblait pas. C’était
quelqu’un qui avait l’habitude de tout organiser et ses visites – de moins en
moins fréquentes – étaient planifiées des semaines à l’avance.
Il hésita pendant quelques secondes, puis se décida finalement à aller ouvrir la
porte. Une jeune femme d’une trentaine d’années, très belle, se tenait devant
l’entrée.
— Bonjour, que puis-je pour vous ? demanda-t-il d’une voix mal assurée.
— Bonjour David, répondit-elle avec un sourire taquin.
— Co… Comment savez-vous mon nom ?
Elle étouffa un petit rire.
— Pas difficile, il est inscrit à côté de la sonnette…
— Bien sûr, suis-je bête ! Il éclata à son tour de rire. » Pardonnez-moi, mais
je suis un peu à côté de la plaque en ce moment…
Il fut tout à coup stupéfait de ce qu’il venait de dire. Lui qui en temps normal
était incapable de se confier aux autres, il venait de sortir ça tout
naturellement à une parfaite inconnue.
La jeune femme enchaîna :
— En fait, je viens de très loin et je suis un peu perdue dans cette ville… J’ai
décidé de sonner au hasard à une porte pour demander un renseignement et la
providence a fait que je me retrouve devant vous !
L’effet de surprise passé, David remarqua que la jeune femme était trempée
jusqu’au os et portait un sac de voyage en bandoulière. Il l’invita aussitôt à
entrer. Ça aussi ce n’était pas dans ses habitudes, mais de toute façon plus
rien ne tournait rond dans sa vie depuis la veille !
Elle prit place dans la cuisine, juste en face de lui, et il lui servit une
bonne tasse de café.
Ils bavardèrent durant de longues heures et jamais David ne s’était senti aussi
bien en compagnie de quelqu’un. Sa timidité s’était envolée comme par magie et
la seule chose qui comptait désormais, était de ne plus jamais laisser repartir
cette femme pour qui il ressentait un amour sans limites. Une étincelle avait
jaillit du plus profond de son cœur dès qu’il l’avait vu, laissant place au fil
des heures à un soleil qui illuminait à présent tout son être.
Au moment où la jeune femme s’apprêta à partir, il la retint par le poignet.
— Non je vous en prie, restez !
Pour toute réponse, la jeune femme le gratifia de son plus beau sourire et
rapprocha ses lèvres des siennes.
Ils s’embrassèrent avec fougue et bravant tous les principes que sa timidité lui
avait inculqué jusqu’ici, il ajouta :
— Je t’aime Angela.
Et pour une fois, la vie lui fit ce magnifique cadeau. Dès ce jour, Angela et
lui devinrent un couple inséparable, respirant le parfait bonheur.
Les années s’écoulèrent ainsi sans le moindre nuage à l’horizon.
David aimait à présent beaucoup son travail dans lequel il excellait. Son patron
lui avait offert une belle promotion, grâce à laquelle il avait conquis une
importante clientèle dont lui seul était responsable. Il venait également de
construire une maison et Angela avait donné naissance à un magnifique garçon
qu’ils avaient appelé « Maxime ».
Parfois, il lui arrivait encore de s’arrêter sur le banc du parc en revenant de
son travail, se remémorant avec nostalgie les souvenirs liés à la statue. Il se
demandait toujours si ce qu’il avait vécu ce fameux jour avait été bien réel ou
simplement le fruit de son imagination. Une autre chose l’intriguait, c’est
qu’il n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer un seul membre de la famille
d’Angela. Comme si elle n’en avait tout simplement pas ! Lorsqu’il essayait d’en
savoir un peu plus, elle éludait la question et lui répondait :
« C’est toi ma famille, David ! »
Dès lors, il s’était finalement résigné à ne plus lui poser de questions
indiscrètes sur sa parenté. Peut-être que sa femme était venu dans cette ville
dans le but de tirer un trait sur un passé douloureux ? Cela arrivait à beaucoup
de gens et elle ne serait ni la première ni la dernière. Il attendrait tout
simplement qu’elle soit prête et que ce soit elle qui fasse le premier pas. En
attendant, il ne s’était jamais senti aussi heureux et dans deux jours ils
fêteraient l’anniversaire de Maxime.
Tout à coup, une idée jaillit à son esprit.
Deux jours plus tard
Main dans la main, ils sortirent de la maison par cette douce journée de
printemps. Maxime, petit blond aux yeux bleus, s’ébattait à leurs côtés en
regardant dans toutes les directions, comme s’il était en permanence fasciné par
le monde qui l’entourait. Il fêtait ses six ans aujourd’hui et c’était un gosse
très éveillé pour son âge.
David déclara d’un ton enjoué :
— Tu vas voir Maxime, Papa va t’emmener dans un endroit où tu vas bien t’amuser
!
— C’est où, dis Papa ?...
— Ah ! c’est une surprise !
Angela le fixa à son tour avec un regard interrogateur. Elle portait un jeans
moulant avec un petit chemisier en soie rose, qui lui allait à ravir.
— Même à moi tu ne veux pas me dire où nous allons ?
— Patience ! c’est seulement à quelques minutes à pieds…
Un quart d’heure plus tard, ils arrivèrent dans le parc du musée. Celui-ci avait
été rénové durant l’hiver et une magnifique place de jeux avait été érigée à
l’endroit même où se trouvait à l’époque la fameuse statue. Seul le petit étang
était toujours à sa place, orné de nombreuses plantes aquatiques.
Maxime se précipita aussitôt vers une énorme cabane qui surplombait un toboggan
en poussant de hauts cris.
— Sois prudent ! Cria sa mère lorsqu’elle le vit grimper l’échelle en bois de la
maisonnette.
Puis elle se tourna vers son mari avec un regard songeur.
— C’est joli comme endroit, mais pourquoi nous as-tu fais venir ici ?
David parut soudain embarrassé. Il se rappela soudain de la promesse qu’il avait
faite il y a très longtemps et se sentit d’un seul coup en proie à un affreux
dilemme.
Bon sang David, tu sais très bien que cela n’était pas réel… Il ne peut en être
autrement…Tu as imaginé tout cela.
Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, une autre partie de son esprit
lui disait le contraire.
— Assieds-toi ma chérie, nous avons à parler, dit-il en l’invitant à s’asseoir
sur le banc.
Il emprisonna la main d’Angela dans la sienne et la fixa droit dans les yeux.
— Tu sais ma chérie, notre amour est tel que nous n’avons plus de secrets à
avoir l’un envers l’autre.
Angela parut d’un seul coup mal à l’aise et ses yeux brillaient d’une étrange
lueur.
— Que veux-tu dire par là ?
David prit une profonde inspiration avant de poursuivre.
— Eh bien si je t’ai fait venir ici, c’est pour une raison bien précise. Il faut
que je t’avoue quelque chose que je porte dans mon cœur depuis trop longtemps
déjà….
En réalité, il espérait qu’en lui révélant son secret, en lui disant quelque
chose de très intime, elle lui confierait à son tour ses antécédents et lui
parlerait enfin de sa famille.
Angela eut un mouvement de recul, mais David lui serra la main un peu plus
fermement comme pour l’obliger à l’écouter. Elle paraissait de plus en plus mal
à l’aise.
— Si c’est au sujet de ton passé, tu n’es pas obligé de…
Au même moment, la voix de Maxime qui grimpait le long d’une corde accrochée à
un arbre, les interrompit :
— Regarde Papa !
Son père se mit à applaudir.
— Bravo ! Mais fais attention à ne pas tomber !
Puis il tourna à nouveau le regard vers sa femme.
— Je vais te révéler un secret que je n’ai jamais dit à personne. Et tu es la
seule personne au monde à qui je désire le confier… Tu vois ce banc ?
— Oui…
— Eh bien il représente une très longue histoire.
David se mit à lui relater tout ce qu’il avait vécu, depuis le jour où il
s’était assis pour la première fois dans ce parc, jusqu’au moment où il avait vu
cette étrange apparition.
Maxime, qui s’était brusquement arrêté de jouer, s’approcha de sa mère. Il ne
remarqua pas tout de suite qu’au fil de son récit, le visage de sa femme se
décomposait et était devenu d’une pâleur mortelle.
Lorsqu’il eut terminé son histoire, il eut un sursaut en voyant que les yeux
d’Angela lui lançaient des éclairs. Elle retira brusquement sa main, se leva
d’un bond, et prit son fils dans ses bras. Puis elle hocha lentement la tête
tout en dévisageant son mari d’un air apitoyé. Ses yeux brillaient et des larmes
commençaient à poindre.
— Salaud, tu m’avais pourtant promis !
Les yeux de David s’écarquillèrent et il comprit d’un seul coup. Mais il était
trop tard.
— Mais je… Oh mon Dieu, non !
Les traits du visage de sa femme affichèrent une sévérité stupéfiante. Ce
n’était plus le visage doux qu’il avait l’habitude de côtoyer.
Elle se mit à hurler :
— Je t’ai tout donné, le bonheur, la richesse, un enfant… et en échange tu n’as
même pas été capable d’honorer une promesse !
Il tenta de s’approcher d’elle afin de la prendre dans ses bras, mais elle le
repoussa vivement.
— Oh c’est pas vrai… Ma chérie non ! Je t’en prie… Je ne voulais pas…
Il s’écroula à ses pieds et se mit à sangloter.
« Oh mon Dieu, qu’ai-je fait ?... »
Au moment où il releva la tête, quelque chose d’effroyable se produisit et un
coup de tonnerre résonna dans le ciel.
Epilogue
A partir de ce jour, un mystère insoluble régna sur le parc de la ville.
Personne ne savait d’où provenait cette étrange statue de pierre, qui avait
atterri dans le parc du jour au lendemain. Les autorités de la ville firent de
nombreuses enquêtes à son sujet, sans trouver de réponses. De plus, personne
n’aurait su dire pourquoi un homme vêtu comme un clochard venait la caresser
tous les jours pendant de longues heures, par n’importe quel temps. Au
printemps, il déposait une couronne de fleurs à ses pieds. Oh, bien sûr,
certaines personnes s’étaient risquées à lui demander, mais il semblait que le
pauvre homme était devenu muet. Il se contentait de secouer la tête avant de
s’effondrer en larme aux pieds de la statue de pierre.
Celle-ci représentait un ange serrant un enfant dans ses bras et son regard
exprimait une tristesse infinie.
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