L'enfant qui voulait jouer  

Charton-Furer Yann

 

  

" Un chemin splendide au coeur de la forêt qui vous mènera jusqu'aux ruines d'un ancien temple Maya... "

 

Je grognai tout bas et fourrai rageusement le prospectus dans la poche de mon imperméable.

- Splendide ! C'est le cas de le dire !

Professeur d'astronomie dans une université prestigieuse de Boston je ne prenais jamais de vacances. L'été, je sortais parfois en excursion avec un télescope, mais jamais plus de quelques jours. Ce voyage dans la forêt amazonienne était une nouveauté pour moi. Ce ne fut qu'après de longues hésitations que mon choix s'était porté sur cette région du globe.

La culture précolombienne avait toujours été, sans être une passion, un passe-temps pour moi. Ainsi, je m'étais retrouvé dans un petit hôtel en pleine jungle après de longues heures de trajet dans un bus datant probablement de l'avant-guerre.

Le climat y était chaud, humide, les moustiques apparaissaient comme un véritable fléau, mais je me trouvais enfin à portée d'anciennes ruines maya... Une fois, j'avais pu lire un article sur les connaissances astronomiques de ces indiens, et l'envie de voir les vestiges d'une telle civilisation avait vite surgi en moi.

Le chemin sur lequel je me trouvais n'était pas bien loin de l'hôtel. Ils m'avaient fourni un petit guide qui décrivait comment se rendre aux ruines. Trois heures de marche dans la jungle, tout au plus, sur un chemin bien tracé... Le guide était amusant : la première page illustrait un guerrier maya tenant un symbole religieux dans une main, une lance dans l'autre.

J'étais parti de bonne heure, enthousiaste et insouciant. Rapidement, j'avais vite déchanté. D'abord le brouillard, puis la pluie ! Très vite, j'avais involontairement quitté leur " chemin bien tracé ". A présent, j'étais perdu au milieu de nulle part, à mi-chemin entre l'Argentine et les Caraïbes... Il faisait chaud, humide, on ne pouvait y voir à plus de dix mètres. Mais le plus horrible était bien la pluie. Pluie... Ce mot était bien faible pour décrire le phénomène qui avait lieu en ce moment même. Trombes d'eau, cascades venues du ciel, fureur divine... Toutes ces appellations auraient été plus appropriées. Mon " imperméable " était détrempé, et plus une seule partie de mon corps n'était épargnée par l'eau. Mes habits, gonflés de liquide, rendaient mes déplacements difficiles, et il me semblait que j'étais pris en tenailles entre deux linges mouillés.... Quant à mes souliers, de bons souliers de marche qui m'avaient coûté au minimum deux cent dollars américains... Deux bourbiers s'accrochant à mes basques, dans lesquelles je m'enfonçais un peu plus à chaque pas.

La forêt m'avait paru accueillante au premier abord. De gigantesques arbres dont les troncs étaient aussi larges que des roues de tracteur, parfois même plus, formaient la base d'une gigantesque forteresse vivante. La végétation, extrêmement dense, semblait devoir s'étager sur plusieurs niveaux. Tout au fond, près du sol, des broussailles, des herbes, mousses et autres petites plantes. Plus haut, des arbres aux troncs fins et noueux, qui s'étendaient, frêles et graciles, vers le ciel dont jamais ils ne verraient plus qu'une infime partie. Puis, tout au sommet, le feuillage de ces arbres géants dont les branches s'étendaient sur toute la hauteur de la structure végétale. Immense parasol, ils ne laissaient aucun rayon de soleil filtrer. Par beau temps, la forêt se trouvait être sombre. Mais avec cette tempête, cela semblait presque l'obscurité !

D'immenses lianes se balançaient de troncs en troncs, de branches en branches, seuls liens apparents entre les différents étages de la forêt. Le vent, combiné à la pluie, entraînait dans sa danse cabalistique le feuillage alors que le bois grinçait au rythme de la tempête...

Il ne faisait pas froid, mais je grelottais. Trempé jusqu'aux os, perdu, découragé, je ne savais que faire. J'aimais avoir ma vie sous contrôle, décider moi-même de ce qui allait arriver, je détestais l'imprévu... Aussi m'était-il difficile de raisonner clairement pour définir ce qu'il fallait faire en une telle situation...

Songeant à mes habits mouillés, je grommelai :

- Je comprends pourquoi ils vivaient nus ! Au moins leurs habits ne devenaient-ils pas de lourdes éponges ! Je suis perdu et voilà que je parle tout seul à présent !

Je me secouai.

- Allons, Arthur, réfléchis ! Soit tu attends ici que la tempête se calme et tu deviens fou, soit tu retrouves ton chemin et rentres te sécher à l'hôtel !

J'optai pour la seconde solution. Fouillant dans mes poches, j'en ressortis le petit prospectus, à présent à peine lisible tant les pages étaient détrempées. Je l'ouvrai et le feuilletai.

- Tradition maya... Géographie... Carte de la région, voilà !

La carte en question était bien sommaire, mais je pus m'y retrouver assez rapidement. Après tout, une carte terrestre était bien plus simple qu'une carte du ciel !

Je bénis la chance qui fit que j'emportai une boussole avec. Je commençai à réfléchir et à regarder la carte. Si je ne faisais pas erreur, j'avais dû me perdre en bifurquant trop au sud. Si je me dirigeais plein nord, il était logique que je rejoigne le chemin... Je m'orientai donc vers le nord... et fis la grimace. Et si je me trompais complètement ? Combien de temps faudrait-il aux autorités pour retrouver le cadavre ? J'imaginais déjà les gros titres : " Un éminent professeur disparaît dans la jungle sans laisser de traces... "

De toute manière, il était hors de question d'y rester. Le mieux à faire était de bouger ! Aussi je me mis en marche.

Cela me fit du bien. J'étais toujours aussi ruisselant de partout, mais le mouvement réchauffait mes pauvres os transis. La progression était pénible. A chaque pas, j'avais à extraire mon pied de quelques centimètres de boue pour continuer. Sans compter les nombreuses branches combinées au feuillage qui me barraient la route. Plusieurs fois, je tombai. A chaque fois, se relever devenait plus difficile avec la fatigue qui m'envahissait et la boue qui venait alourdir mes vêtements. Je résolus le problème en me débarrassant de mon manteau et de mon tee-shirt. A torse nu, glissant le guide dans mon jean, je continuai donc vers ce que je pensais être le nord...

Dix minutes... Vingt... Une demi-heure... L'épuisement me gagnait, et je sentais mes muscles devenir douloureux. Totalement éreinté, j'étais sur le point de laisser le désespoir prendre le dessus lorsque quelqu'un se dressa devant moi. Surpris, je sursautai.

C'était une femme, toute jeune. Je ne lui donnais pas dix-sept ans. Elle était nue, et me regardait en souriant. A peu près de ma taille, elle arborait une longue chevelure noire que le vent et la pluie avaient emmêlée. Son visage était fin et gracieux, sa peau très pâle.

Je me frottai les yeux. Voilà que des visions m'assaillaient ! En effet, lorsque je les ouvris à nouveau, la femme n'était plus là...

- Qu'est ce qui t'arrive, mon pauvre vieux ! Ces vacances, quelle stupidité !

Je continuai mon périple, de plus en plus découragé. Mais, à peine quelques minutes après l'apparition, une petite voix m'interpella :

- Veux-tu jouer ?

Cela venait de derrière... Sachant à moitié à quoi m'attendre, je me retournai lentement. C'était elle, à nouveau. Elle se tenait devant moi, bien droite, sa nudité ne lui posant aucun problème.

- Je dois rêver... murmurais-je.

Entendant cela, elle éclata d'un rire cristallin.

- Rêver... Si seulement nous le pouvions ! Cela ne serait-il pas magnifique ?

Je restai stupéfait, incapable de penser clairement ni d'articuler une seule parole. Elle s'approcha de moi et me sourit. La jeune fille prit ma main et me demanda d'une voix innocente :

- Veux-tu jouer avec moi ? Je connais un temple non loin d'ici. Nous pourrions nous y cacher.

- De... un temple ? Prononçais-je d'une voix fébrile.

- Cela fait longtemps qu'il est abandonné. Parfois, j'en vois le véritable reflet. Ce ne sont plus que des ruines à présent.

Je réagis au mot " ruines ". Si je parvenais à les trouver, alors je rentrerai à l'hôtel, et tout ce cauchemar finirait... Je me tournai vers la jeune fille nue. Elle fit une grimace.

- C'est dommage. Je me souviens de l'époque où un peuple y vivait. C'était très étrange…

Elle sembla chercher ses mots.

- Ils n'étaient pas " avec nous ", mais parfois ils me voyaient et me saluaient.... Alors je riais et dansais avec eux.... Ils m'apportaient des jouets, et parfois d'autres créatures moins évoluées, marchant sur quatre pattes... Ils étaient si gentils !

Je secouai la tête. Que faisait cette fillette en ces lieux, et de quoi parlait-elle ?

- Un jour d'autres sont arrivés. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais après leur passage, il n'y avait plus personne pour jouer avec moi... J'étais triste, et je Lui ai demandé de me rendre mes amis. Il ne le pouvait pas, mais m'a offert leur temple... J'y joue souvent... seule... Mais maintenant, tu es là ! Veux-tu remplacer les petites créatures ?

- Les petites créatures ?

- Elles me ressemblaient étrangement. Mais plus petites, plus foncées...

Soudain, elle s'interrompit et fixa le prospectus que j'avais à moitié glissé dans mon pantalon. Elle s'en saisit et fixa la première page. Une illustration d'indien maya s'y trouvait.

- Tu les as amenés ! Merci !

Elle embrassa l'image et demanda gentiment, fixant la représentation du guerrier maya :

- Petite créature, viens jouer avec moi, comme avant. Petite créature ? Pourquoi ne bouges-tu pas ? Eh ! Je te parle !

Elle toucha le dessin et le palpa. Le papier, tout imbibé d'eau, se transperça sous ses petits doigts fins. Elle fixa le prospectus déchiré, comme étonnée, puis se tourna vers moi.

- Que lui est-il arrivé ? Elle s'est cassée là où je l'ai touchée !

La mystérieuse fillette semblait perplexe. Je recommençai à grelotter. A présent, j'en étais certain, j'étais devenu cinglé.

- La pauvre... Elle ne semble pas animée. Peut-être qu'Il l'animera bientôt. J'espère ! En attendant, viens jouer avec moi dans le temple ! Je suis seule depuis si longtemps, je m'ennuie !

Elle me prit le bras. Sa main était douce et fraîche, et ses petits doigts délicats me tirèrent en avant alors qu'elle partait déjà.

- Je suis si contente ! Voudras-tu danser, dis ? J'aime tant danser ! Je laisse mon corps bouger au rythme du vent et de la pluie, et alors... ça me fait tout bizarre dans le corps. Peut-être est-ce cela, de rêver ? Pourtant, je n'ai jamais rien créé ainsi. Ce n'étaient que des sensations. Lui seul peut rêver...

Voyant ma mine déconfite, elle s'empressa d'ajouter :

- Ne fais pas cette tête là, je te montrerai ! Regarde, voilà le temple !

Cela ne semblait pas faire une minute que nous marchions, et pourtant, il était là, se dressant droit devant nous au milieu d'une immense clairière. Je reconnus instantanément un temple maya. Pourtant, quelque chose n'allait pas... Je cherchai un long moment avant de trouver. Le problème venait de la construction du bâtiment. Certains détails manquaient, d'autres n'avaient rien à faire là... Et pourtant, le temple se tenait devant moi, intact, comme s'il venait d'être terminé...

- Tu as vu ? N'est-ce pas magnifique ? Avant, le peuple qui vivait ici me rendait visite à chaque fois que j'entrais dans le temple !

Elle me lâcha la main et courut vers l'édifice. Le temple se présentait comme un bâtiment de pierre construit au sommet d'un monticule haut d'une dizaine de mètres. Des escaliers faits de dalles parfaitement sculptées menaient à l'entrée du temple. Déjà, la jeune fille s'y trouvait. Une nouvelle bourrasque vint fouetter ses cheveux. Elle la reçut comme une bénédiction, levant les bras au ciel et riant sous la pluie.

- Viens avec moi ! Viens danser !

Ne m'attendant pas, elle se mit véritablement à danser. C'était très étrange, du jamais vu, mais aussi très beau. Son corps ondulait au rythme de la pluie et du vent. Tantôt elle roulait sur le parquet du temple, tantôt elle faisait des bons prodigieux dans les escaliers, toujours riant et tournoyant dans un rythme endiablé que mon esprit ne parvenait pas à saisir.

Je m'approchai en boitillant et l'appelai :

- Attends !

Le son de ma propre voix me surprit. Malgré les éléments déchaînés tout autour, le son qui sortait de ma bouche était fort et distinct. La jeune fille interrompit son manège et accourut vers moi.

- Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle innocemment. Ne veux-tu pas venir danser avec moi ?

- Si mais...

J'avais une horrible migraine et beaucoup de peine à penser aux mots que je désirais lui dire.

- Que... Qui es-tu ? Demandais-je finalement.

Elle haussa les épaules.

- Quelle question ! Je suis comme toi, je Lui appartiens ! Tu voulais probablement me demander pourquoi je suis là ? Je n'en sais rien. Je crois qu'Il m'aime bien. Sinon, pourquoi aurait-il rêvé le temple pour que je n'oublie pas mes amis qui vivaient ici ? Pourquoi t'aurait-il amené ? J'aurais aimé que mes amis fassent partie de Son rêve tout comme moi... Ils ne m’auraient pas abandonné...

A présent, elle semblait toute triste.

- Mais...

- Et toi, pourquoi es-tu ici ?

Je ne sus que répondre. Elle me sourit, oubliant sa tristesse, et déclara, fière de me prouver qu'elle avait raison :

- Tu vois, tu ne sais pas non plus ! On ne peut répondre à ces questions... Mais ça n'a pas d'importance, viens danser à présent !

Elle me saisit le bras, et tenta de m'entraîner, mais je me débattis en protestant :

- Non je... Je dois...

Me lâchant, la jeune fille fit la moue.

- Tu n'es pas gentil ! Cela fait si longtemps que je n'ai dansé avec quelqu'un...

- Mais je dois...

- Quoi ? Que dois-tu faire ? T'a-t-Il demandé quelque chose ?

Je secouai la tête et m'exclamai :

- Ca suffit ! De qui diable parles-tu ?

Elle parut profondément choquée de mes paroles.

- Enfin... de... de...

Puis elle ouvrit de grands yeux et recula de trois pas.

- Tu n'es pas... bégaya-t-elle. Ce n'est pas possible ! Tu es l'un d'eux ! Non ! Non ! Je ne veux pas ! Pourquoi me fais-tu cela ? Pourquoi tu l'as laissé entrer ?

Ce n'était plus à moi qu'elle s'adressait, j'en étais convaincu, mais à qui ? Elle s'assit sur le sol et se mit à sangloter. Je m'approchai et voulus la réconforter, tendant une main vers sa peau pâle. Elle eut un mouvement de recul.

- Ne me touche pas ! Tu n’es pas des nôtres, et tu ne veux même pas jouer ! Pourquoi viens-tu me torturer ! Pourquoi !

- Je...

- Je me souviens à présent ! C'est ton peuple qui les a chassés. Je peux te pardonner ça, mais tu ne veux même pas les remplacer et jouer avec moi ! Juste jouer ! Juste danser !

A nouveau, elle se détourna et brandit le poing dans une autre direction.

- Tu l'as amené, fais-le partir ! Tout est sa faute, tout ! Il ne veut pas être mon ami ! Il ne veut pas !

A présent, elle était en larme. Elle me regarda une dernière fois, puis disparut dans la jungle. Une dernière fois, j'entendis son cri, les cris d'un enfant en pleurs.

Je restai quelques instants sur place, déconfit. Quelques minutes plus tard, une tête, sa tête, apparut entre deux buissons et me lança :

- Peut-être pensait-Il que tu voudrais jouer avec moi... Mais tu ne peux pas, tu fais partie de ce peuple ! Vous ne connaissez rien, vous passez votre temps à courir en tous sens pour rien ! Un jour, Il se réveillera et arrêtera de rêver ! Cela me tuera certainement, mais moi au moins je sais danser dans le vent. Vous mourrez aussi, et qu'aurez-vous gagné ? Rien, des illusions qui disparaîtront avec son réveil ! Laisse moi, retourne vers ton peuple. Je jouerai seule, je danserai seule. Je suis triste, mais j'ai l'habitude... Seule depuis si longtemps...

Seule... L’écho retentit quelque fois de la forêt, puis tout se tut... Transi, épuisé, penaud, choqué, je restai tourné vers les arbres de longues minutes. Me retournant, je vis que le temple avait disparu. A sa place, les fameuses ruines mayas, celles que j'étais venu visiter. Trop malmené pour être rationnel, je me rendis seulement compte que je n'étais plus perdu. Le chemin était là, un écriteau indiquait le chemin de l'hôtel. Machinalement, je l'empruntai... A peine si je remarquai qu'il faisait beau, chaud, et que le sol était bien sec, comme s'il n'avait jamais plu... Quatre heures plus tard, j'arrivai à l'hôtel. Le portier, me voyant arrivé trempé, boueux, torse nu et exténué, se précipita vers moi.

Quelques minutes plus tard, je sombrai dans un profond sommeil sans rêve. Je m'éveillai le lendemain vers midi. Plusieurs fois, des employés étaient venus me veiller. Ils me racontèrent qu'ils me virent rentrer, les habits déchirés, divaguant. Ils ne comprenaient pas comment j'avais pu m'être mouillé. Il avait fait beau toute la journée ! Et pourtant, j'étais trempé de la tête aux pieds. Ils m'avaient changé et couché. Tous mes habits avaient été lavés et repassés. L'un d'eux m'apporta une petite statuette.

- Vous l'aviez dans votre poche...

Je fixai la statuette sans comprendre.

- Saviez-vous qu'il s'agit de la représentation d'une Déesse maya ? La plupart des touristes achètent des objets sans même savoir ce qu'ils représentent... A présent, reposez-vous, monsieur. Vous nous raconterez ce qu'il vous est arrivé plus tard. Soyez assuré que l'hôtel payera les frais de votre convalescence...

Il me laissa seul, à fixer cette statuette de pierre que je tenais dans la main. Lentement, je sentis le sommeil revenir. Qu'était-ce que cette statue ? Je ne me souvenais pas l'avoir achetée, je ne m'étais même pas rendu dans un marché !

Mais, juste avant de replonger au pays des songes, je me rendis compte que je connaissais cette statuette. Elle représentait une jeune adolescente tournoyant dans la pluie et le vent. Elle représentait une fillette dont le corps était à peine celui d'une adulte, une fillette dans une grande forêt... Elle attend qu'Il se réveille, même si Son réveil signifiera la fin de son existence. Elle voudrait rêver, mais elle ne peut pas, elle ne peut qu'exister et attendre... Et en attendant, elle se sent seule, et cherche quelqu'un avec qui jouer...

 

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