Claude Thomas
Lola Calderone avait dû être une très jolie femme. La veille encore, sans
doute aurait-elle pu rivaliser en grâce et en beauté avec nombre de ces
charmantes créatures s'étalant en couverture des magazines. Ce n'était pas
son âge, la trentaine élégante, qui déjà avait estompé la finesse naturelle
de ses courbes, l'harmonie de son visage et le pétillement coquin de son
regard,… mais ce qui lui était arrivé deux heures plus tôt !
La mort est rarement belle à voir. Ceux qui s'imaginent que les macchabées
sont " au naturel " ces sortes de mannequins de cire aux traits apaisés,
n'ont probablement jamais été confrontés avec la véritable faucheuse, celle
qui passe avant les embaumeurs et autres préparateurs de nos froides
dépouilles. Le corps sans vie de Lola Calderone n'aurait peut-être pas ému
un spectateur blasé de films d'horreur, mais il provoqua néanmoins de
violents haut-le-cœur chez ceux qui furent amenés à poser les yeux dessus.
Et encore ! Selon le médecin légiste, celui-ci était déjà passablement
dégonflé par rapport à ce qu'il avait dû être au moment du décès !
Le premier à restituer le contenu de son estomac en tombant sur ce peu
ragoûtant spectacle fut son mari, Roman Calderone, le célèbre créateur de
bijoux. Il faut le croire sur parole car celui-ci eut la présence d'esprit
d'aller se répandre dans les toilettes et de tirer la chasse d'eau. Ce
moment d'égarement passé, il alerta illico son médecin de famille, lequel
était assez proche voisin pour accourir trousse sous le bras en moins de
trois minutes. Après avoir posé par pur principe son stéthoscope sur la
poitrine monstrueusement congestionnée de Lola, le brave médecin n'avait pu
que constater le décès.
La malheureuse se trouvait étendue sur le carrelage de la cuisine, devant le
réfrigérateur dont la porte était grande ouverte. Une odeur persistante de
fromage fort embaumait la pièce, ajoutant encore aux tortures stomacales de
ceux qui osaient un regard sur le visage de la morte. Le médecin de famille,
qui en avait vu d'autres, sut se maîtriser. Cela fut loin d'être le cas de
Moreno, mon adjoint, qui rebroussa chemin à la vitesse de l'éclair pour
finalement se libérer à l'extérieur, sur le dos d'un infortuné rhododendron.
Les autres membres de l'équipe, arrivés peu après et prévenus par Moreno,
exprimèrent leur écœurement à des degrés divers avant de s'affairer aux
tâches les plus subalternes. Quant à moi, bien obligé de me pencher
davantage sur la victime, je sus réprimer mes nausées par un savant blocage
de mâchoires. Je ne suis pas devenu Inspecteur Principal pour rien ! Je
l'avoue néanmoins, le spectacle offert par l'ex-madame Calderone n'était pas
de ceux pour lesquels je ferais des heures supplémentaires !
- La cause de la mort est parfaitement établie, m'expliqua le médecin dès
que Moreno eut accompagné le mari dans une autre pièce. Piqûre d'abeille !
Une seule. Choc anaphylactique foudroyant, ou presque ! J'aurais pu signer
le certificat de décès immédiatement mais, je ne sais pas exactement
pourquoi, j'ai préféré que vous voyiez cela de vos propres yeux.
- Peut-être pour retrouver l'abeille tueuse ? risquai-je.
Le praticien grimaça ce qui ressemblait à sourire forcé.
- Je n'ai pas retrouvé le dard mais la trace de la piqûre est nettement
visible !
Il désigna l'endroit de son index soigné. La malheureuse portait la
minuscule signature de l'agression sur le haut de son sein gauche. Il ne
faisait aucun doute qu'un insecte avait piqué à cet endroit. La marque
cramoisie tranchait nettement avec la pâleur bleuâtre du reste du corps. Je
lui demandai d'autres détails qu'il s'empressa de fournir.
- Madame Calderone souffrait d'une allergie spécifique au venin d'abeille,
commença-t-il. Une hypersensibilité maximale. Elle avait déjà failli y
rester à deux reprises, la dernière fois il y a deux ans. Heureusement,
l'emplacement de la piqûre dans une zone moins vascularisée avait réduit le
choc anaphylactique et j'avais eu le temps de lui faire une injection
d'adrénaline. Depuis, nous tentions d'arriver à une désensibilisation
progressive. Elle venait une fois par quinzaine à mon cabinet où je lui
administrais une dose de venin très diluée. Après deux ans de traitement,
nous étions toujours à la dose minimale et je commençais à désespérer de
voir apparaître les premiers signes de résistance naturelle. Dans son cas,
il n'y avait rien à faire sauf éviter les abeilles comme la peste.
Aujourd'hui, vu l'emplacement de la piqûre entre le cou et le cœur, la
réaction a dû être fulgurante. Elle n'a même pas eu le temps de s'injecter
l'ampoule d'adrénaline qu'elle conservait en permanence au réfrigérateur.
- Vous voulez dire qu'elle aurait pu se sauver la vie si elle était arrivée
à temps ?
- Bien sûr !
Il me montra la pochette médicale se trouvant dans un compartiment du
réfrigérateur. Elle contenait une seringue prête à l'emploi dans son
emballage stérile. Il suffisait d'insérer le piston à l'arrière de l'ampoule
d'adrénaline pour ensuite, éventuellement en plusieurs étapes, s'en injecter
le contenu dans un bras ou une jambe.
Je vérifiai machinalement la date de péremption inscrite sur l'emballage.
Moi aussi, allez savoir pourquoi, il me semblait que quelque chose d'étrange
entourait cette affaire. Le caractère pour le moins inhabituel de cette mort
y était évidemment pour quelque chose, mais peut-être était-ce aussi à cause
du Cierco, notre vent d'ouest, qui depuis trois jours soufflait sans
discontinuer et tapait sur les nerfs de tout le monde ! Une petite voix me
disait de contrôler le moindre détail pouvant faire penser à une mise en
scène. Ainsi, je n'aurais pas été surpris de découvrir un produit périmé ou
une seringue défectueuse. Un criminel connaissant le problème de Lola aurait
pu envisager un tel sabotage. Mais tel n'était pas le cas. La trousse
semblait conforme et la date de validité courait encore sur plus d'un an. La
malheureuse n'avait pas eu le temps de faire son injection, voilà tout. Le
Cierco, si c'était lui, me rendait indubitablement plus suspicieux qu'à
l'ordinaire !
- Cette manipulation ne doit pourtant pas prendre plus d'une minute, fis-je
remarquer. Est-il possible qu'elle n'ait pas eu le temps d'y arriver ?
- Tout à fait, expliqua encore le médecin. Dans son cas, le choc
anaphylactique pouvait être d'une rare violence, entraînant rapidement un
blocage des muscles, une paralysie de la respiration, sans compter
l'apparition d'un œdème généralisé. Peut-être se trouvait-elle au fond du
jardin. Le temps de comprendre ce qui lui arrive, l'affolement…
J'observai la morte plus attentivement. Elle portait une robe élégante, une
toilette telle qu'une femme de son rang peut porter dès qu'elle s'apprête à
sortir en ville. Elle n'avait pas de chaussures et la plante de ses pieds
était nette. Elle ne rentrait visiblement pas de l'extérieur. Par ailleurs,
elle était couverte de bijoux : collier de perles, bagues, pendants
d'oreilles, montre et bracelets. Malgré cette profusion, j'eus l'impression
qu'il manquait quelque chose pour parfaire ce tableau, mais sur le coup je
n'y attachai guère d'importance.
- Elle était apprêtée pour sortir, constatai-je. Je parie qu'elle venait de
sa chambre ou de la salle de bain, là où nous trouverons les chaussures déjà
préparées.
- Vous avez raison, approuva le médecin. Elle et son mari devaient se rendre
au vernissage d'une exposition de peinture. Madame Calderone avait coutume
d'exhiber toute cette panoplie de bijoux. Une véritable publicité vivante
pour le travail de son mari !
- Ils s'aimaient ? glissai-je incidemment.
Le médecin toussota.
- Roman est de vingt ans son aîné, émit-il après cet embarras de pure forme.
Ils s'aimaient comme cela se passe souvent dans ce genre d'association, et
sans doute devait-il tolérer certaines choses…
- Elle avait un amant ?
- Pas à ma connaissance. Elle n'en avait pas la réputation mais il est vrai
qu'elle vivait de façon assez indépendante.
- Je vois, fis-je.
En fait, je ne voyais rien du tout ! Ou pour être exact, le classicisme de
la situation me faisait insérer cette affaire - du moins si cela en était
une ! - dans le registre des affaires banales. Un mari jaloux ou un amant
éconduit aurait très bien pu assassiner cette femme ! Malgré l'épouvantable
transformation physique qui s'était opérée, une certaine arrogance se lisait
encore sur son visage bouffi et au travers de sa mise défaite. Belle et
rebelle ! songeai-je. Le Cierco me faisait peut-être imaginer une théorie
abracadabrante, mais l'instinct du policier me confortait dans mon attitude.
J'étais même sérieusement en train de me demander s'il était possible de
dresser une abeille à tuer !
Je donnai quelques ordres au reste de l'équipe, dont le moindre ne fut pas
de passer les différentes pièces au peigne fin afin de retrouver le cadavre
de l'abeille ! Il est bien connu que cet insecte perd son dard et meurt s'il
est obligé de piquer ce qu'il estime être un danger. Mes hommes me prirent
sans doute pour un fou et estimèrent que le Cierco devait m'embrouiller
l'esprit. Il est vrai que ce vent a le don de nous irriter, mais je dirais
plutôt qu'il vivifie les capacités intellectuelles plutôt qu'il ne les
altère. Je mis néanmoins en branle une véritable enquête criminelle sur base
de ma seule intuition !
Nous trouvâmes les chaussures dans la chambre conjugale, mais malgré
l'application de toute l'équipe durant plus d'une heure, il ne fut pas
possible de découvrir la moindre abeille, vivante ou morte.
- Nous avons passé la chambre, la salle de bain, les couloirs et la cuisine
au crible, déclara Moreno. À part trois mouches et deux araignées, il n'y a
pas le moindre insecte crevé dans la maison. De plus, toutes les fenêtres
sont restées fermées.
- Pas de dard dans la blessure, dans les mains ou dans les vêtements de la
victime, ajouta le médecin.
- J'ai la nette impression que nous ne retrouverons pas cette abeille,
fis-je sur un ton las. Quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi je ne parviens
pas à me faire à l'idée d'une mort accidentelle ?
- Je l'ignore, glissa Moreno, mais avec ce Cierco il y a de quoi rendre fou
n'importe qui dans ce pays !
- Tu as peut-être raison mon vieux, mais je tiens à faire comme si cela
pouvait être un meurtre, et mon suspect principal n'est autre que le mari !
Ce type a une tête qui ne me revient pas !
Pour n'importe quel flic, il n'était guère difficile qu'un homme eût une
tête de suspect dès lors qu'il avait une femme aussi jeune et aussi jolie
que l'ex-madame Calderone. C'était aussi simple que cela ! Pour le reste,
Moreno devait penser que j'allais me casser les dents en tentant de
découvrir un assassin machiavélique là où le hasard était probablement seul
en cause. Fataliste, il se contenta de me rapporter la teneur de sa
conversation avec Roman Calderone.
- Son mari n'était pas ici au moment du… hem… de l'accident, commença-t-il.
Il s'occupait d'une vente privée dans sa bijouterie du centre-ville. Des
témoins pourront confirmer ce fait. Il a découvert son épouse dans cet état
en rentrant. Il a aussitôt alerté son médecin mais d'après ce dernier la
mort remontait déjà à environ une heure. Il n'y avait personne dans la
maison quand la malheureuse a été piquée. C'est un accident, chef…
- Mon petit doigt me dit que non et, plus j'y songe, plus je crois que ce
Calderone y est pour quelque chose !
Moreno passa une main dans ses cheveux et poussa un soupir qui en disait
long sur son désappointement.
- Un meurtre ? s'étonna-t-il. Vous croyez que Calderone aurait
volontairement placé une abeille dans la maison ?
- C'est ce que j'ai d'abord cru, mais dans ce cas pourquoi n'avons-nous pas
retrouvé le dard ou au moins le cadavre de l'insecte ? S'il y avait eu une
abeille ici, vivante ou morte, c'était bien la dernière chose que Calderone
aurait fait disparaître, car c'était là la preuve, justement, d'un
malencontreux accident ! Or, pas d'abeille !
- C'est tellement petit une abeille…, insista Moreno comme pour s'excuser de
l'échec des recherches. Mais il s'interrompit au milieu de sa phrase, fronça
les sourcils et hésita une seconde avant d'achever : … d'autant plus qu'il
aurait pu y en avoir deux !
- Que veux-tu dire ?
- Pendant notre conversation, j'ai remarqué que Calderone se grattait le
bras gauche avec une certaine ostentation. Il m'a d'emblée expliqué qu'il
s'était lui-même fait piquer d'une abeille hier soir, alors qu'il rangeait
des papiers dans son bureau. Il aurait prévenu sa femme du danger et aspergé
de l'insecticide !
- Il t'a dit tout cela ?
- Ben… oui !
- T'a t-il dit ce qu'il avait fait de son abeille ?
- Ben… non !
- Hé bien qu'attends-tu pour aller lui demander ?
- Vous êtes sûr que…
Moreno ne termina pas sa question, mon regard s'étant révélé suffisamment
explicite. Je retournai une dernière fois auprès du corps de Lola. Il était
recouvert d'une couverture aluminée et on attendait mon ordre pour
l'emporter vers la morgue. Des examens plus approfondis seraient pratiqués
mais il ne faisait aucun doute que la mort était due à une réaction au venin
d'abeille. Mais où diable était passé cet insecte ? Là était toute la
question ! Je soulevai la couverture afin de réexaminer le corps. Je ne peux
pas dire qu'on aurait pu s'habituer à un tel spectacle, mais sans l'effet de
surprise cela pouvait aller. Cette femme avait dû être très belle, ainsi
apprêtée et couverte de bijoux créés par son artiste de mari, même si ce
n'était plus à présent qu'une hideuse créature aux chairs outrageusement
congestionnées.
- Il dit qu'il l'a écrasée et jetée à l'extérieur ! expliqua Moreno en
revenant dans la cuisine. Mais il m'a paru assez troublé. Il a demandé
pourquoi vous vous intéressiez tant à cette abeille. J'ai dit que vous étiez
scrupuleux…
- Troublé, hein ? Tu ne remarques rien d'étrange sur cette femme ?
- C'est que… Elle n'est pas très belle à regarder…
- Force-toi ! Selon toi, il ne lui manque rien ?
Mon adjoint eut beau se forcer, il ne remarqua rien d'anormal, en trop ou en
moins. Sa face s'ornait d'un masque pour le moins dubitatif. Quant à moi,
j'arborais mon sourire des grands jours, celui qui précède généralement le
dénouement d'une affaire. Je lui intimai l'ordre d'aller chercher Calderone
et de me l'amener dans la chambre. Une minute plus tard, nous nous
retrouvions tous les trois dans cette pièce, devant un coffre-fort où
étaient rangés les écrins à bijoux.
- Qu'est ce qu'on cherche ? demanda Moreno.
- Une broche ! Il lui manquait une broche pour parfaire sa toilette,
n'est-ce pas monsieur Calderone ?
Celui-ci pâlit brusquement, recula de trois pas et s'assit sur le bord du
lit. Après avoir ouvert tous les écrins, Moreno étala les six broches qu'il
put trouver sur la tablette de la commode.
- Sont-ce là toutes les broches de votre femme ? demandai-je en me tournant
vers Calderone.
Il approuva d'un vague signe de tête. Son visage donnait à présent
l'impression d'être rongé par un acide intérieur. J'examinai les bijoux
attentivement. J'en écartai quatre pour ne retenir qu'un paon et un scarabée
!
- Voici le fameux paon en orichalque que vous avez présenté le mois dernier
à la presse ! Un chef-d'œuvre dont on a beaucoup parlé, monsieur Calderone.
L'idée d'utiliser ce nouveau métal à mémoire de forme en joaillerie fut un
coup de génie, vraiment ! Ce paon qui fait la roue dès que la chaleur du
corps dilate le métal est une petite merveille d'art et de haute-technologie
! Mais pour ce qui nous occupe, je parierais plutôt sur le scarabée.
Cette fois, Calderone parut se ratatiner sur lui-même.
- Moreno, ordonnai-je, veuillez fixer ce scarabée sur votre chemise.
- Mais chef…
- Exécution !
Mon adjoint fixa le clip sur la toile de sa chemise, là où cette broche eût
été de plus bel effet sur une créature du beau sexe. Il attendit ensuite les
bras ballants, se sentant parfaitement ridicule. Deux ou trois minutes
s'écoulèrent dans un silence glacial. Moreno n'était sans doute pas loin de
croire que le Cierco avait définitivement altéré ma raison lorsqu'il
ressentit une vive douleur juste à l'emplacement de la broche. Il l'arracha
d'un geste vif et examina sa peau. La trace d'une piqûre apparaissait cinq
centimètres plus haut que son mamelon.
- Beau travail ! commentai-je après avoir réexaminé le bijou.
Une fine aiguille creuse sortait à présent du ventre du scarabée, lequel
devait contenir le mécanisme en orichalque activé par la chaleur du corps de
Moreno. Un minuscule réservoir devait être dissimulé à l'intérieur, où les
experts ne manqueraient pas de déceler des traces de venin d'abeille.
- Votre femme a dû se demander ce qui lui arrivait ! déclarai-je alors d'un
ton rude. Elle a probablement arraché la broche comme vient de le faire mon
adjoint. Croyant qu'elle s'était simplement blessée à cette sorte d'écharde
métallique, elle ne s'est pas méfiée. La réaction allergique est alors
apparue sournoisement dans son corps. Lorsqu'elle a enfin compris, il était
trop tard. Elle a réussi à se traîner jusqu'au réfrigérateur mais la force
lui a manqué pour saisir la trousse médicale. Quant à vous, avant d'alerter
les secours, vous vous êtes occupé de la broche. Vous l'avez passée sous
l'eau froide comme cela fut montré à la presse pour le fameux paon.
L'aiguille rentre ainsi automatiquement dans son logement. Ensuite, vous
avez replacé le bijou dans son écrin, croyant naïvement que cette ravissante
et originale arme du crime serait à jamais introuvable ! La piqûre que vous
présentez au bras n'est que la trace d'une ultime vérification effectuée sur
vous-même. Vous aviez évidemment demandé à votre épouse d'arborer ce
scarabée, - sans doute votre dernière création -, pour la réception
d'aujourd'hui. Est-ce votre ami médecin qui a fourni le venin ?
L'autre hocha la tête négativement avant de trouver la force d'articuler
quelques mots.
- Notre médecin n'y est pour rien… Mais comment… ?
- Monsieur Calderone, sachez que je suis apiculteur à mes moments perdus, et
que lorsque souffle le Cierco, les abeilles détestent sortir des ruches !
©
octobre 2001
- Claude Thomas -
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