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C.I.N.A.L
Concours littéraire du
bicentenaire de Louis Braille (1809 - 2009)
Ce concours a pour enjeu la production de
témoignages ou de récits imaginaires (de 3.000 à 15.000 signes) narrant
une expérience sensible autre que visuelle ou impliquant la description
non visuelle de personnages, d’objets ou de lieux. Il a pour but de
faire dialoguer les sensibilités d’auteurs et de lecteurs voyants,
malvoyants et aveugles autour de ce que c’est qu’entendre, toucher,
humer ou goûter.
Comment connaissons-nous le monde et sentons-nous la vie autrement
que par la vue ? Que savons-nous de la ville ou de la nature par la
succession de leurs bruits, de leurs senteurs et de leur contact ? Que
pouvons-nous dire du son, de l’odeur et du toucher des objets que nous
manipulons, de la nourriture que nous préparons, des plantes que nous
soignons... ? Que nous apprennent des gens une voix, une poignée de main
ou une embrassade ?
En deçà de l’objectivité des choses et de l’abstraction des idées, c’est
cette face muette de la réalité qu’il s’agit d’explorer.
Pour que les aveugles puissent lire et écrire en braille, il a fallu
que trois hommes soient singulièrement attentifs à cette autre face de
la réalité : Valentin Haüy a compris que les lettres pouvaient
être touchées, Charles Barbier que l’alphabet tactile pouvait
avoir une forme différente de l’alphabet visuel, et Louis Braille
que la lettre en relief devait avoir la surface de la pulpe sensible du
doigt.
Et si l’histoire s’inversait ? Et si les aveugles redonnaient aux
voyants le désir et le plaisir de cultiver les quatre autres sens que
nous pouvons partager ? De fait, à l’exception du goût, dont les
Français continuent à parler, la société contemporaine relègue dans
l’accessoire ou dans l’anecdotique l’écoute, le tact et l’olfaction.
Dire le non visuel, ce sera faire mentir l’adage du pigeon voyageur de
La Fontaine : « Quiconque ne voit guère N’a guère à dire aussi ».
Pour les déficients visuels, écouter, toucher et humer sont des
nécessités fonctionnelles qu’ils intériorisent à tel point qu’ils ne les
évoquent presque jamais. Le photographe aveugle Evgen Bavcar écrit
pourtant que « l’appropriation de l’écriture par Louis Braille signifie
aussi la possibilité de donner aux aveugles de plus en plus de paroles
propres afin qu’ils parlent et qu’ils écrivent au nom de leur identité
propre ».
Pour les voyants, pris dans un flot croissant d’images et d’icônes,
s’attacher aux autres sensations, c’est mettre à distance ce que la vie
moderne a de factice et retrouver de l’originel ou de l’universel au
plus près de soi. Des écrivains tels que Noëlle Châtelet, Gaétan Soucy
ou Muriel Barbéry, par exemple, montrent déjà la fécondité de cette
démarche.
À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Louis Braille, les
meilleures oeuvres d’auteurs voyants ou aveugles explorant la face non
visuelle de la réalité seront publiées sous forme de recueil. Des
lectures publiques en seront données afin d’échanger autour de cette
autre manière de vivre et de dire l’expérience humaine.
RÈGLEMENT DU CONCOURS
Art. 1 : Le CINAL organise un concours de nouvelles (textes courts
de témoignage ou d’imagination) ouvert à tout individu, ou groupe
d’individus écrivant en langue française.
Art. 2 : Le thème de ce concours est : « Dire le non-visuel »
: narrer une expérience sensible autre que visuelle ou impliquant la
description de personnages, d’objets ou de lieux grâce aux perceptions
auditives, tactiles, olfactives ou gustatives (cf. la
Présentation du concours).
Art. 3 : Chaque auteur ou groupe d’auteurs présentera une seule
nouvelle originale et inédite dans une des six catégories suivantes
:
– A) Auteurs ayant déjà publié une œuvre de fiction ou de témoignage,
– B) Grand public (personnes majeures non handicapées
visuelles),
– C) Jeune public (personnes mineures non handicapées
visuelles),
– D) Adultes déficients visuels ,
– E) Jeunes déficients visuels,
– F) Français langue seconde.
Art. 4 : Les catégories Jeune public et Jeunes déficients visuels
sont notamment ouvertes aux productions collectives réalisées dans le
cadre de classes des écoles, des collèges ou des lycées.
Art. 5 : Les nouvelles devront obéir aux normes suivantes :
– un fichier informatique au format .rtf (Rich Text Format) entre 3
000 et 15 000 caractères espaces compris,
– et cinq exemplaires typographiques au format 21 x 29,7 cm,
caractère 12 et interligne 1,5.
Art. 6 : Les textes devront comporter un titre et ne pas être signés.
Afin de préserver l’anonymat du concours, le titre de la nouvelle
sera reporté sur
– le courriel auquel sera attaché le fichier électronique
– et la lettre accompagnant l’envoi papier.
Le courriel et la lettre d’accompagnement indiqueront les noms et
coordonnées des auteurs (adresse, courriel, téléphone), le titre de la
nouvelle et la catégorie dans laquelle elle est présentée.
Art. 7 : Les nouvelles seront envoyées avant le 31 octobre 2008
à
– bertrand.verine@orange.fr
– CINAL, « Dire le non-visuel », 58 avenue Bosquet F75007 Paris (Tél :
01 44 42 91 91 ; Fax : 01 44 42 91 92).
Art. 8 : Les résultats seront proclamés à l’occasion du congrès
international Déficient Visuel 2009, Marne-la-Vallée, 18-20 juin 2009.
Art. 9 : Les prix sont, pour chacune des six catégories :
– 1er prix, une sculpture originale et la publication de la nouvelle
dans le recueil Dire le non-visuel
– 2ème et 3ème prix, la publication de la nouvelle dans le recueil
Dire le non-visuel.
Art. 10 : Le jury, souverain, est composé à parité de personnes
voyantes et de personnes déficientes visuelles. Il est présidé par une
personnalité du monde de la culture francophone. Aucune personne
présentant une nouvelle au concours ne peut être membre du jury.
Art. 11 : Le jury se réserve le droit de ne pas attribuer tous les
prix, en fonction du nombre et de la qualité des textes présentés.
Art. 12 : Tous les participants autorisent gracieusement la citation
de leur nom et de tout ou partie de la nouvelle qu’ils présentent, à
l’occasion des lectures publiques, des articles et des ouvrages qui
pourront être réalisés sur le thème « Dire le non-visuel ».
Art. 13 : La participation au concours entraîne la pleine adhésion à
ce règlement et l’acceptation sans réserve des décisions du jury. |